Félix Tshisekedi : « Nous n’aliénerons jamais votre indépendance »

* »Maintenant que nous disposons d’une boussole qui nous guide, il est temps de remplacer le dire par le faire », a martelé le chef de l’Etat, au regard des 80 recommandations formulées lors des travaux.

Les participants aux états généraux de la communication et des médias, tenus du 25 au 29 janvier dernier, viennent de déblayer la voie pour permettre à la presse congolaise de décoller. En toute sécurité. Présent lui-même à la clôture des travaux le samedi dernier à Kinshasa, le président Félix-Antoine Tshisekedi a tenu à encourager cette dynamique. « En Démocrates avoués, nous n’aliénerons jamais votre indépendance », a rassuré le chef de l’Etat, au regard des 80 résolutions et recommandations  adoptées à l’unanimité par la plénière en vue d’assainir l’environnement médiatique.

Pour le chef de l’Etat, « il est dorénavant certain que plus rien ne sera comme avant. Maintenant que nous disposons d’une boussole qui nous guide et que chaque structure connaît son rôle, il est temps de remplacer le dire par le faire. Nous avons, ensemble, des défis à relever dans cette marche pour le redressement du pays« .

Le chef de l’Etat s’est ainsi exprimé à la clôture de ces travaux qui ont eu pour thème : « Les médias congolais : quelles perspectives à l’ère du numérique face aux défis du développement durable ? ». D’après lui, il serait nécessaire et plus qu’urgent de passer en action dans l’application de différentes recommandations.

« Ma joie, dit-il, est d’autant plus grande, car de cette « salubrité » médiatique que j’évoquais de manière taquine, vous avez répondu par des recommandations que j’estime concrètes et faisables. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’effort visible pour une conscience renouvelée et désormais orientée vers la protection des valeurs sacrosaintes de la République… Cela vous exige de rester solidaires et de jouer collectif pour concrétiser ce que vous avez coulé sur le papier« .

« Au moment où se clôturent solennellement ces états généraux de la communication et des médias, une phrase de notre Président de la République me revient à l’esprit : « une des maladies dont nous devons tous guérir est précisément l’inadéquation entre le dire et le faire« , a indiqué, pour sa part, Patrick Muyaya, le porte-parole du Gouvernement.

« Nous venons, dit-il, d’agir, agissons et continuons d’agir, avec les Institutions publiques, pour opérer des changements profonds dans notre secteur et accompagner le développement de notre pays. Avant Nganda ne sera pas égal à l’après Nganda. Car, la tenue de ces assises a démontré la capacité de transcendance de nos journalistes et professionnels des médias, le dépassement pour l’intérêt commun« .

« A l’ouverture de ces assises, d’aucuns n’auraient parié que tout se déroulerait si bien au regard des postures des uns et des autres. Ce message d’unité devrait en inspirer plusieurs pour réussir à nous aligner tous pour le bien commun. C’est sur cette note d’interpellation collective que nous souhaitons plein succès à la mise en œuvre de recommandations issues des assises du Centre Nganda« , se réjouit le ministre de communication et des médias. YKM

« Il est temps de remplacer le dire par le faire »

Honorable Président de l’Assemblée Nationale, Honorable Président du Sénat,

Honorables Députés Nationaux et Sénateurs, Mesdames et Messieurs les chefs des corps, Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs, les Membres du Gouvernement, Messieurs les Présidents des Assemblées Provinciales, Messieurs les Gouverneurs des Provinces,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de mission diplomatique et Représentants des organismes internationaux, Mesdames et Messieurs les journalistes et professionnels des médias, Mesdames, Messieurs,

J’ai suivi avec intérêt le déroulement de vos travaux. Des heures d’échanges, de questionnements et de contradictions au dénouement heureux. En effet, l’essentiel a triomphé, la République Démocratique du Congo a une nouvelle fois gagnée, particulièrement, au travers de la hauteur et de la profondeur qui ont animé ces débats, mais aussi, dans cette profession de transcendance et de patriotisme dont vous avez fait foi, pour lesquelles je vous exprime, au nom du peuple congolais, toute ma gratitude.

Vous devez, Mesdames et Messieurs les journalistes et professionnels des médias ressentir, en ce moment présent, cette joie que d’avoir ainsi contribué poser votre pierre dans ce bel édifice Congo, que nous voulons fièrement et résolument démocratique mais qui ne peut effectivement l’être qu’avec une presse libre, professionnelle et responsable.

Aujourd’hui, nous pouvons tous être fier en ce que vous ayez accepté d’examiner, avec rigueur et sans complaisance, votre secteur dans une perspective, non seulement, de l’améliorer et de lui permettre de jouer ce rôle de 4ème pouvoir lui universellement reconnu, mais également d’atteindre les grandes attentes de notre peuple qui veut, par vous, relever le défi de l’information et du développement.

Vous vous êtes présentés à ces assises en ayant, chacun d’entre vous, des préconceptions, une vision du monde et de la République Démocratique du Congo distinctes les uns des autres. Au sortir de ces trois jours de travaux, vous ressortez tous mutuellement enrichis de ces idées singulières pour le plus grand bonheur de tous. La lumière a donc jaillie et j’émets ce vœu qu’elle puisse éclairer notre marche vers cet espace public assaini davantage tolérant et empreint de cohésion.

En effet, parmi les enseignements tirés de ces états généraux figure cette conclusion que de nombreux efforts demeurent à être consentis afin d’obtenir un environnement médiatique et communicationnel qui soit un facteur de promotion des valeurs que votre Code d’éthique et votre déontologie recommande par ailleurs.

Ma joie est d’autant plus grande car de cette « salubrité » médiatique que j’évoquais de manière taquine, vous avez répondu par des recommandations que j’estime concrètes et faisables. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’effort visible pour une conscience renouvelée et désormais orientée vers la protection des valeurs sacrosaintes de la République.

Vous êtes sans ignorer que nous nous trouvons au carrefour d’un bouleversement majeur dans la vie de l’humanité au regard des défis qu’impose le changement climatique. Bien que notre pays se trouve, comme vous le savez, dans cette trame principale pour la formulation des réponses adéquates il demeure que certaines de nos ambitions ou encore aspirations liées à ce phénomène soient encore, à ce jour, dépourvues des mécanismes ou encore rouages essentiels pour leur matérialisation, ce à notre plus grand dam. En effet, comment pourrions faire jouer à la République Démocratique du Congo son rôle de leadership, de «pays-solution» sans une presse engagée et mobilisée au niveau des enjeux actuels ?

Au sein de la Commission chargée de la Politique Nationale de la Communication, vous avez démontré, par le croisement de vos expériences, qu’il est important que les médias se muent en premier bouclier de la République, en tentant, de préserver à tout prix, son image. À cet effort, il est attendu que nos médias se donnent les moyens de porter très haut le génie congolais qui ne devrait en réalité n’avoir de foi qu’en notre presse vous pour s’exporter au-delà de nos frontières.

Fort de ce qui précède, il est donc important que, dans les prochains jours, le nos paroles et échanges soient suivis d’effets. Il faudrait, en d’autres termes que le « faire » rattrape le « dire ».

D’abord, par la formalisation à travers les textes légaux et règlementaires de vos riches propositions. Ensuite, par leur exécution, notamment, à travers une grande campagne de rebranding qui permettra au congolais de se réapproprier les symboles du pays, d’en comprendre le sens, de les partager, ici et ailleurs, pour nous assurer que le changement de narratif devient une réalité.

Parmi les autres éléments devant être suivi d’effets, il y a la question de la viabilité des médias publics et privés qui a également fait l’objet de vos débats et réflexions. Il s’agit d’un thème d’une importance significative en ce qu’elle conditionne le bien-être des journalistes et la qualité du travail à produire notamment aux plans professionnel et technique.

À     ces réflexions s’ajoute l’impératif, pour les médias traditionnels (radio, télévision et journal papier), d’opérer la mutation numérique pour s’adapter au contexte technologique actuel; et aux médias numériques, de se professionnaliser et de bâtir un modèle économique viable.

Nous ne pouvons formuler une quelconque ambition de puissance dans ce pays sans avoir des médias puissants qui la porte et la soutienne. Je m’assurerai donc que le Gouvernement s’emploie, dans la mesure du possible, à faire sa part dans l’exécution de vos recommandations. Cela vous exige de rester solidaires et de jouer collectif pour concrétiser ce que vous avez coulé sur le papier.

En ce qui concerne particulièrement les médias publics, vous avez souhaité qu’ils se transforment vers un véritable service public dans lequel pourra se reconnaître le peuple congolais dans sa diversité des pensées et sa richesse culturelle. Sur ce point, le Ministère de la Communication et Médias s’y attelle déjà. Le travail actuellement abattu par ce ministère s’enrichira de vos différentes propositions qui, in fine, nous permettrons de construire, à travers cet outil, un socle commun de valeurs qui s’imposeront à tous et qui seront les phares de nos actions respectives.

J’ai, en outre, noté que vous avez aussi abondamment réfléchi sur le cadre légal régissant votre secteur. Cela est le point de départ de tout un processus de réformes qui va du statut du journaliste et des métiers assimilés, à l’exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo.

Comme je l’ai dit à l’ouverture des travaux, j’entends m’impliquer dans les phases suivantes pour que ces textes bénéficient de la célérité nécessaire en vue de leur examen et adoption.

Mesdames et Messieurs,

Chers journalistes, Chers professionnels de la Presse,

Il est dorénavant certain que plus rien ne sera comme avant. Maintenant que nous disposons d’une boussole qui nous guide et que chaque structure connaît son rôle, il est, je le répète encore une fois, temps de remplacer le dire par le faire.

Nous avons, ensemble, des défis à relever dans cette marche pour le redressement du pays. Vous avez, Mesdames et Messieurs, un rôle crucial à jouer .

Enfin, en Démocrates avoués , nous n’aliénerons jamais votre indépendance.

Mais nous comptons, comme vous en avez fait preuve lors de ces travaux, sur votre esprit citoyen pour que nous puissions ensemble travailler à relever les défis de la fin de l’insécurité dans l’Est, de la pauvreté et du sous- développement. Et de préparer, par la qualité des informations, nos populations à comprendre et à jouer le rôle qui est le leur dans cette quête collective du développement.

Que vive la presse congolaise,

Que vive la République Démocratique du Congo

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie !

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