Nord-Kivu : des mesures renforcées pour protéger les grandes agglomérations

* Check-points, bouclages, constitution des unités mixtes Fardc-Police, unités canines, couvre-feu ramené à 19h au lieu de 21h pour Beni et 20h pour les villes de Goma et Butembo…

La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, est endeuillée par un nouvel attentat mortel. Un kamikaze a tué huit personnes en faisant exploser sa bombe, le samedi 25 décembre, à l’entrée d’un restaurant où des gens fêtaient Noël. Les autorités provinciales pointent du doigt les rebelles du groupe Forces démocratiques alliées (ADF) dont les chefs ont fait allégeance à l’organisation djihadiste Etat islamique.

L’administration militaire ne s’est pas arrêtée là. Elle a donné un tour de vis au  dispositif sécuritaire pour protéger les grandes agglomérations de la province. Lors du briefing presse, animé conjointement par le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya et le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Lieutenant-Général Constant Ndima, sont revenus sur le bilan provisoire de cet attentat tout en annonçant les mesures prises pour contenir ce terrorisme.

Il s’agit, entre autres, de « la constitution des unités mixtes FARDC-Police destinées à la défense des villes et des agglomérations importantes; des check-points pour contrôler le mouvement des citoyens et leurs biens; l’organisation de bouclages; la saisie des armes prohibées; l’organisation de patrouilles pédestres et motorisées. S’ajoutent à cela, la mise en place du couvre-feu ramené à 19 heures au lieu de 21 heures à Beni et à 20h pour les villes de Goma et Butembo; le renforcement des opérations sur le terrain avec le renfort en unités canines », a indiqué le Gouverneur militaire du Nord-Kivu.

  Le patron de l’Exécutif de la province volcanique a profité de sa tribune pour inviter ses administrés au calme et surtout à ne pas céder à la peur. Car, il a estimé que « céder à la peur c’est faire le jeu des terroristes. » C’était l’occasion de rassurer les Congolais dans leur ensemble, et plus particulièrement ceux de Beni, sur la ferme volonté du Gouvernement de traquer, jusque dans leurs derniers retranchements, tous ceux qui sèment le chaos dans cette partie du pays. Cet attentat intervient dans un contexte de montée des violences dans la région où les Forces armées congolaises et ougandaises ont lancé une offensive contre des mouvements islamistes.

Bilan provisoire

 A l’heure actuelle, le bilan provisoire fait état de 8 morts dont un officier des FARDC, capitaine à la 22ème Brigade qui était au restaurant avec son épouse et ses enfants. On compte aussi 20 blessés au nombre desquels deux jeunes filles, deux jeunes garçons, deux dames fracturées au niveau de membres inférieurs, deux dames blessées graves, les bourgmestres adjoints des communes de Rwenzori et de Mulekera. Tous ces blessés reçoivent de soins médicaux depuis hier (ndlr : samedi 25 décembre) a affirmé le ministre Patrick Muyaya.

« Cet attentat s’est produit entre 19h et 20h le jour de la Noël. C’est grâce à la vigilance du vigile que le nombre de victimes a été moins que celui que l’on connait, car il a empêché ce terroriste de se faire exploser à l’intérieur dudit restaurant.

Difficile de déterminer l’identité de l’assaillant car son corps a été déchiqueté, les enquêtes sont en cours et donneront plus d’éléments sur ce drame. « Nous faisons face à un terrorisme islamiste car nous avons plusieurs éléments qui vont dans ce sens« , a expliqué le porte-parole du Gouvernement.

Selon le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, les terroristes ADF, aux abois sur le plan opérationnel sur le terrain, ont actionné leurs cellules dormantes dans la ville de Beni et les agglomérations environnantes en vue de déclencher des actions contre les paisibles citoyens.

Compte tenu de la situation, les autorités provinciales appellent la population du territoire de Beni à la vigilance et à éviter les lieux de forte affluence pendant cette période des fêtes.

En guise de conclusion, le gouverneur militaire du Nord-Kivu invite ses administrés à être forts et vigilants. Car, aucune partie du pays ne sera cédée à l’ennemi. Didier KEBONGO

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