Saïd Omar Said Hassane (Consul général):  » Les Comores entendent s’inspirer du modèle de développement du Sahara marocain »

 Attachées à l’intégrité territoriale du Maroc, l’Union des Comores est le premier pays arabo-africain à avoir inauguré un consulat à Laâyoune dans le Sahara marocain. Quels sont les ressorts de cette initiative qui, depuis, a été suivie par nombre d’Etats d’Afrique et d’ailleurs? Réponse avec le Consul général des Comores dans les provinces du sud, Saïd Omar Saïd Hassane. Interview.

José NAWEJ : Monsieur le Consul, quelles sont les raisons qui ont poussé la République des Comores à ouvrir un consulat à Laâyoune ?

Saïd Omar Said Hassane: L’ouverture de la première représentation diplomatique comorienne au Maroc, notamment, dans les provinces du Sud, revêt des aspects à la fois historique, diplomatique, géostratégique et économique.

Sur le plan historique, lors de l’exil des feus Sa Majesté Mohammed V et Son Altesse Royale Moulay El Hassan, futur Roi Hassan II à Madagascar, ils ont été entourés des Comoriens venant des quatre coins de l’Ile pour vivre avec la famille royale. Cette relation a été perpétuée par feus le Roi Hassan II et le Président Ahmed Abdallah Abderemane. Cette amitié profonde s’est illustrée, lorsque Sa Majesté Hassani II a quitté la réunion de l’OUA (actuelle UA) par le soutien du président Ahmed Abdallah Abdéremane en disant: «Je vais suivre mon frère». Cette relation entre le Royaume du Maroc et l’Union des Comores s’est encore renforcée avec Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l’Assiste, et Son Excellence le Président Azali Assoumani.

Sur le plan diplomatique, les Comores et le Royaume du Maroc ont toujours partagé les mêmes points de vue avec un soutien mutuel aussi bien au niveau des instances internationales, régionales qu’au plan bilatéral. Le soutien mutuel pour l’intégrité territoriale de nos deux pays est une constante. Ces liens se sont renforcés aussi par la formation de la presque majorité de cadres comoriens qui, aujourd’hui, occupent des postes importants tant dans le secteur public que dans le secteur privé,  en passant par l’armée et la société civile.

Sur le plan géostratégique, la mise en place de cette représentation s’inscrit bien dans la vision sur l’intégration africaine, vision éclairée de Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l’assiste, et le cheval de bataille de Son Excellence le président Azali Assoumani. Ces deux chefs d’Etat sont convaincus alors, qu’il n’y a plus de place pour les conflits entre pays qui gangrènent la mise en place de grandes entités ou blocs économiques régionaux… Bref, le développement de tout un continent et surtout d’une région comme le grand Maghreb qui a vocation à être relié aux pays subsahariens 

Le développement économique et technologique du Maroc est une source d’inspiration et un modèle pour les autres pays du continent, et d’autant plus que le nouveau modèle de développement prôné par Sa Majesté renforce les échanges et le transfert de compétences par un partenariat gagnant-gagnant. En outre, aujourd’hui, avec la stabilité et son modèle de développement, le Maroc jouit d’une confiance et occupe une place de choix aux yeux des partenaires internationaux, alors, le Royaume pourra accompagner les Comores pour réussir son plan émergeant en 2030.

Quel est l’intérêt spécifique des Comores pour les provinces du Sud marocain ?

En ouvrant le premier consulat général au Sahara marocain, les Comores voudraient s’inspirer du modèle de développement des régions du sud qui, en l’espace d’une quinzaine d’années, ont connu un essor économique important au niveau des infrastructures (autoroutes, ports, aéroports, eau, électricité, villes vertes, formations techniques et universitaires…).

Ce n’est pas tout. L’autonomisation et la décentralisation réussies dans ces régions donne des idées à un pays insulaire comme les iles Comores. Par ailleurs, dans quelques années, ces provinces du Sahara marocain seront les poumons économiques du Royaume et deviendront un hub pour tout le continent. Alors, l’Union des Comores tirera beaucoup de bénéfices, d’expériences et d’avantages, du fait de son implantation dans cette région très convoitée par plusieurs pays développés, à l’exemple des Etats-Unis, et autres.

En outre, après la formation et le développement humain, les Comores ont décidé de renforcer la diplomatie économique, scientifique et technologique avec le Royaume, pour accompagner le plan émergeant 2030 prôné par Son Excellence Azali Assoumani.

Ainsi Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a donné ses directives royales pour accompagner les îles de la lune dans tous les secteurs, alors le développement de ces provinces sud pourrait être un modèle adaptable aux Comores. L’implantation de ce consulat général dans ces régions où il y a beaucoup de similitudes facilitera les échanges économiques, scientifiques et culturels par le développement d’une diplomatie pragmatique et de proximité.

A combien estimez- vous le nombre de Comoriens présents au Maroc?

Le Maroc compte environ 1400 Comoriens dont la quasi-totalité sont des étudiants qui sont les établissements publics et qui bénéficient de bourses du Royaume et d’autres qui sont dans les écoles privées. Bientôt, ce nombre va augmenter très fortement avec l’octroi, par le Maroc, de 330 bourses par an durant 10 ans pour accompagner le plan émergeant 2030, prôné par Son Excellence Azali Assoumani. Sa Majesté Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a donné ses directives royales pour l’accompagner.

Que conseilleriez- vous à ceux des pays africains qui tardent ou hésitent à établir leurs représentations consulaires à Laâyoune ou à Dakhla ?

En étant le premier pays arabo-africain à avoir inauguré une représentation diplomatique à Laâyoune en 2019, l’Union des Comores a voulu s’inscrire comme socle de l’intégration africaine. 25 autres pays ont fait de même. D’autres sont en train d’examiner les modalités pratiques pour s’établir dans les provinces du sud. Nous nous en réjouissons.

Il est donc temps que les pays du Continent qui hésitent puissent se ressaisir très vite pour ne pas être distancés par ceux des autres continents.

En outre, il est du devoir de chaque fils du Continent, et notamment les dirigeants, de corriger une erreur de l’histoire que le continent s’est vu imposer par l’existence de la guerre froide et ceux qui ne veulent pas que l’Afrique parle d’une seule voix pour se développer en montant les uns contre les autres pour l’asservir et l’exploiter.

En conclusion, Sa Majesté le Roi Mohammed VI est un grand dirigeant visionnaire, avisé et bâtisseur qui peut être une source d’inspiration et de la sagesse pour le continent africain. Propos recueillis à Rabat par José NAWEJ

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