Lycée Bolingani, Saint Georges : les élèves continuent à se tourner les pouces un mois après la rentrée des classes

Un mois après la rentrée des classes, des enseignants des écoles catholiques et publiques boudent de donner la matière aux élèves. Les professionnels de la craie réclament à cor et à cri de meilleures conditions salariales. A Kintambo, au Lycée Bolingani et au Collège Saint Georges, deux écoles catholiques, les professeurs étaient bel et bien là dans l’enceinte de l’école mais ont séché les cours.

Contrairement à la nouvelle qui a été annoncée par le Gouvernement via le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) sur la levée de la grève des enseignants, ce mouvement de protestation est toujours maintenu.

Au Lycée Bolingani chez les sœurs franciscaines de Kintambo, des élèves ont encore tourné les pouces. Pas de cours, faute de professeurs dans les locaux. Ceux-ci sont soit dans la salle des professeurs soit sous les arbres, humant le bel air et discutant sur ce dossier brûlant de l’heure. 

Les élèves en ont marre de cette situation qui persiste et pointent du doigt la mauvaise foi des dirigeants politiques qui ressassent des promesses dans toutes les langues.

«Nous n’avons pas étudié ce lundi 1er novembre. La grève continue. Certes nous sommes venues nombreuses car nous pensions qu’aujourd’hui tout devrait rentrer à la normale. Mes condisciples et moi, étions là à bavarder, certaines dormaient même à un moment donné. Ça fait maintenant un mois que cette situation dure. Nous sommes sacrifiés à cause de nos politiciens. Nos enseignants ont droit de revendiquer pour l’augmentation de leur salaire, ce sont aussi des parents. 

Nous les soutenons et nous demandons au ministre Tony Mwaba, ainsi qu’au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi de concrétiser leurs promesses. L’éducation est le pilier de la nation. Nous sommes même prêtes à marcher pour que nous bénéficions de l’instruction», a déclaré une élève de 4ème littéraire. 

LE NOMBRE PLÉTHORIQUE D’ÉLÈVES

C’est la même réalité dans plusieurs salles de classe. Les bleu et blanc ne font que remplir les bancs et voudraient que les choses changent. 

Dans la cour du Collège Saint Georges, les élèves ont rehaussé massivement de leur présence le lieu en ce premier jour du mois de novembre.

Filles et garçons, cravates magnifiquement nouées, chemises cachetées enfilées sont très visibles. Mais dans quelques salles de classe, rien, pas de leçons proprement dites. 

D’ailleurs les Bleu et Blanc sont abandonnés à leur triste sort, dans les rares salles de classe où il y a des dames et maîtres, ils faisaient tout sauf enseigner. Pas de motivation. 

LES ENSEIGNANTS PRÊTS À EN DÉCOUDRE AVEC LE GOUVERNEMENT

Un enseignant qui a requis l’anonymat, a laissé entendre qu’ils sont déterminés à aller loin dans leur mouvement de grève face à un Gouvernement qui n’honore pas ses engagements. 

«Mes collègues et moi, sommes déterminés à aller plus loin avec cette grève dans le réseau catholique et autres écoles publiques. Nous n’avons pas encore touché la modeste somme de 20.000fc promis par le Gouvernement. Nous voudrions que l’on nous paie les 2ème, 3ème paliers, mécanise les Nouvelles unités. De Mbudi, à Bibwa et à Kisantu que des illusions. La pédagogie est un métier noble mais aujourd’hui au Congo, c’est la risée de tous. C’est triste», a-t-il éploré.

La rentrée scolaire a été annoncée pour le lundi 04 octobre sur toute l’étendue du territoire national. Si dans des écoles privées et quelques établissements publics, les cours se donnent normalement ce n’est pas le cas dans des écoles catholiques, protestantes et beaucoup d’écoles publiques. 

Le mouvement de grève est maintenu malgré la reprise des discussions le jeudi 28 octobre entre l’Exécutif national et le banc syndical des enseignants. Ces derniers tiennent mordicus à la matérialisation des promesses du Gouvernement. Il s’agit entre autres de la perception des 2ème et 3ème paliers, la régularisation de Nouvelles Unités, la suppression des zones salariales. Gloire BATOMENE

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