Le sit-in du Bloc patriotique étouffé hier à Kinshasa !

Le sit-in des forces politiques et sociales appelées « Bloc patriotique », prévu hier lundi 22 novembre, devant le siège national de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à Kinshasa, a été étouffé dans l’œuf par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), déployés de bonne heure de la matinée, devant presque tous les points d’accès à la commune de Gombe.

Ce qui s’est passé hier dans la capitale de la RD Congo, rappelle à quelques similitudes près, la manifestation publique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), actuel parti politique au pouvoir au sommet de l’Etat, réprimée dans des circonstances similaires en 2010, contre le régime du Président d’alors, Joseph Kabila.

Ce jour-là, feu Etienne Tshisekedi, alors leader charismatique de l’opposition, avait mobilisé des milliers de personnes dont des centaines de combattants et sympathisants de son parti, pour prendre d’assaut le siège de la CEI (Commission électorale indépendante), pour protester contre La désignation et l’installation subséquente, de l’équipe Daniel Ngoy Mulunda. Au-delà de la protestation qui paraissait comme un rituel de l’Udps, l’objectif de ce sit-in avait été, justement, d’empêcher le Bureau de la Centrale électorale de travailler.

Vu sous ce prisme de l’histoire politique récente de la RD Congo, il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil. Dès lors que le parti au pouvoir a été pendant des décennies, très abonné à des manifestations de rue, contre tous les régimes antérieurs, plus d’un analyste soutient que l’Udps devrait à son tour accepter de recevoir à son tour des coups de ses adversaires politiques actuels.

On rappelle qu’à l’époque, des militants de l’Udps, jusqu’auboutistes, devaient chaque jour braver le dispositif policier mis en place ; à l’époque par le colonel Célestin Kanyama, alors Commandant du district-Ouest de la Police de Kinshasa basé au camp-Lufungula.

Ce dernier effectuait quotidiennement des descentes sur le terrain, pour disperser à coup de bombes lacrymogènes, tout attroupement dans le périmètre immédiat du siège de la CEI où il n’y avait ni entrée ni sortie.

Même si in fine, les manifestants n’avaient eu gain de cause, il y a lieu de reconnaitre, cependant, que leur présence massive dans les entours du siège de l’administration électorale, avait provoqué un véritable retentissement, en ce qu’elle perturbait le fonctionnement administratif de tout le secteur du centre-ville attenant au Boulevard du 30-Juin. Car, chaque jour, les Ambassades des USA, de France, de  Belgique et du Portugal ou encore, le QG de la MONUC, assistaient à un jeu de jet de pierres des partisans de l’UDPS contre les tirs à balles blanches de la Police.

ET SI L’ON LAISSAIT LES MANIFESTANTS AGIR ?

La manif réprimée du Bloc patriotique d’hier lundi, laisse perplexe plus d’un observateur. Côté autorité urbaine, on brandit la décision du Gouverneur de la ville de Kinshasa Gentiny Ngobila, prise voici quelques mois, interdisant toute manifestation populaire en pleine commune de Gombe, déclarée zone neutre. Toutefois, l’interdiction d’un sit-in devant le bâtiment de la Ceni, faite aux forces politiques et sociales, charrie plusieurs questions. Entre autres, l’incidence de cette manifestation sur la donne actuelle de la CENI. Autrement dit, le sit-in aurait-il poussé le Président Félix Tshisekedi à rapporter son ordonnance portant investiture de l’équipe Kadima ?

Au cas où le sit-in n’aurait rien changé, pourquoi alors n’a-t-on pas laissé le bloc manifester en toute liberté son opinion ? C’est ici que certains analystes brandissent l’article 26 de la Constitution du 18 février 2006 en vigueur au pays. Les alinéas 1 et 2 de l’article sus-évoqué de la Constitution stipulent que «  La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente.« 

Dès lors que la Constitution institue le régime d’information et non d’autorisation préalable, d’aucuns estiment qu’il n’y aurait plus de raisons d’interdire les manifestations de rue, à partir du moment où l’autorité urbaine est a été saisie en bonne et due forme. KANDOLO M.

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