Le FCC ne déléguera aucun représentant au bureau de la CENI

* Par ailleurs, la plateforme chère à J.Kabila appelle tous ses partis et regroupements à une mobilisation accrue pour la marche de ce samedi.

Le Front commun pour le Congo ne déléguera aucun représentant au bureau de l’actuelle CENI (Commission électorale nationale indépendante). Ainsi en a donc décidé la Conférence des présidents, organe de décision de  cette plateforme, à l’issue de sa réunion d’hier mardi 2 novembre. « Toute affirmation contraire ne sera qu’un canular de la part du pouvoir actuel. Ce, en complicité des personnes n’ayant ni mandat ni représentation à l’Assemblée nationale ni assise politique avérée sur le terrain », alerte la Conférence des présidents du FCC, dans un communiqué officiel sanctionnant sa réunion présidée par Raymond  Tshibanda, président de la Cellule de crise du FCC.

Toujours dans ce communiqué dont la copie a atterri en fin de matinée à la rédaction de Forum des As, le FCC dit ne pas être intéressé par l’l’élection de nouveaux Gouverneurs et vice-gouverneurs, prévue en ce mois de novembre dans les 14 provinces concernées. Moralité, la plateforme politique chère au président de la république honoraire, Joseph Kabila, déclare qu’elle ne présentera aucun candidat aux différents postes à pourvoir à l’issue de cette élection.

Réagissant aux déclarations faites le lundi 1er novembre par certains partis politiques se réclamant la qualité de membre de la Conférence des présidents, et qui ont remis en cause la régularité de la cellule de crise présidée par Raymond Tshibanda, le FCC qualifie ces propos de plaisantins de mauvais goût, tout en affirmant que les auteurs de ces propos n’ont jamais été membre de cette structure, à l’exception d’un seul. Par conséquent, les intéressés ne peuvent, sous aucun prétexte, parler en son nom. Aussi, la Conférence des présidents du FCC se réserve-t-elle le droit d’ester en justice tous ce qu’elle qualifie d’usurpateurs pour défaut de qualité.

Passant en revue la situation actuelle du pays, en évoquant la grève des enseignants, la très controversée taxe RAM, la situation sécuritaire dans la partie Est du territoire national, le dossier CENI…le FCC réitère son engagement de poursuivre, avec les autres forces sociales et politiques, signataires de la Déclaration conjointe du 24 octobre, son  combat pour la défense de la démocratie, le respect de la Constitution et des lois du pays, une CENI non instrumentalisée et véritablement indépendante, des élections crédibles, libres, transparentes, inclusives et apaisées en 2023.

Ainsi, à l’aune du  tableau sombre qu’il présente de la situation actuelle du pays, le FCC souscrit à toutes les actions de sensibilisation du peuple en vue de l’atteinte des objectifs énumérés ci-dessus. Par conséquent, il appelle tous ses partis et Regroupements politiques membres à une mobilisation accrue pour la réussite de la grande procession de l’opposition prévue ce samedi 6 novembre à travers le pays. Ci-dessous, ledit communiqué de la Conférence des présidents du FCC. Grevisse KABREL

FRONT COMMUN POUR LE CONGO COMMUNIQUE OFFICIEL

La Conférence Élargie des Présidents, organe de décision du Front Commun pour le Congo, FCC en sigle, s’est réunie ce jour, sous la présidence de Monsieur Raymond Tshibanda N’Tungamulongo, Président de la Cellule de Crise.

Étaient présents, tous les Présidents des Partis et Regroupements Politiques ainsi que les personnalités membres, les Présidents des Groupes Parlementaires à l’Assemblée Nationale et les Présidents des Groupes Politiques au Sénat.

Un seul point figurait à l’ordre du jour de cette réunion, à savoir: la situation générale du pays au lendemain de l’investiture de Monsieur Denis Kadima et de son équipe.

À ce sujet, le Front Commun pour le Congo informe  »opinion nationale et internationale que sa position face à la CENI demeure inchangée. Ainsi:

1. Le FCC condamne, sans réserve, l’entérinement chaotique et irrégulier de l’équipe Kadima par l’Assemblée Nationale et son investiture par le Président de la République.

2. Le FCC réaffirme qu’en l’absence d’un consensus entre les principales parties prenantes, et singulièrement entre les Confessions religieuses, en ce qui concerne la présidence de la CENI, il ne reconnaît pas l’équipe Kadima et n’y déléguera aucun représentant. Toute affirmation contraire ne sera qu’une supercherie de plus de la part d’un pouvoir insensible aux aspirations et souffrances du peuple, avec la complicité de personnes sans mandat, sans représentation à l’Assemblée nationale et sans assise politique sur le terrain.

3. Le FCC en profite pour annoncer officiellement qu’il n’est pas non plus concerné par l’élection programmée de nouveaux Gouverneurs de Province et qu’il ne présentera donc de candidat à aucune de ces élections.

4. Quant aux plaisantins de mauvais goût qui, depuis hier, prétendent engager la Conférence des Présidents du FCC alors qu’à l’exception d’un seul, ils n’en ont jamais été membres, ils ont cessé d’appartenir au FCC depuis longtemps et n’ont, depuis lors, participé à aucune réunion ou activité du FCC. Et pour que nul n’en ignore, la Conférence des Présidents décide officiellement de leur exclusion du FCC.

Le FCC se réserve le droit, le cas échéant, de faire traduire en justice ces usurpateurs pour faux et usages de faux.

Sur le plan sécuritaire, le FCC déplore, une fois de plus, l’insécurité grandissante et prolongée qui se confond à une situation de guerre permanente dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il dénonce l’inefficacité de mesures de mise en œuvre de l’état de siège dans les provinces concernées par cette mesure et demande, avec insistance, au Gouvernement de tout faire pour mettre fin aux attaques des groupes armés dirigées contre les populations civiles et assurer la protection de celles-ci, ainsi que de leurs biens.

Au volet social, le FCC note avec préoccupation la grève des enseignants et du personnel de santé et invite instamment le Gouvernement à répondre à leurs revendications légitimes, afin de ne pas préjudicier la scolarisation des enfants et la santé des congolaises et congolais.

Le FCC est tout autant préoccupé par le non-paiement à date des salaires des fonctionnaires de l’Etat pour le mois d’octobre, ce qui a pour effet d’accroître la pauvreté et la précarité, et de mettre davantage en exergue le caractère injuste et inhumain de la taxe dénommée RAM, ainsi que l’urgence de sa suppression pure et simple.

Au vu de tous ce qui précède, le FCC s’engage à poursuivre, avec le peuple congolais et les autres forces sociales et politiques, signataires de la Déclaration conjointe du 24 octobre 2021, le combat pour :

–  la défense de la démocratie ;

–  le respect de la Constitution et des lois de la République ;

– une CENI non instrumentalisée et véritablement indépendante ;

–  des   élections   crédibles,   libres,   transparentes,   inclusives   et apaisées en 2023 ;

–  la fin de l’insécurité dans l’Est du pays ;

–  la suppression de RAM, une taxe illégale et confïscatoire du faible pouvoir d’achat de la population.

Le FCC souscrit donc à toutes les actions de sensibilisation du peuple à travers le pays en vue de l’atteinte de ces objectives et appel tous ses Partis et Regroupements politiques membres à intensifier la mobilisation de leurs adhérents pour le grand rendez-vous avec l’histoire prévu pour le 06 novembre prochain dans le cadre de la synergie créée avec les autres forces sociales et politiques.

Fait à Kinshasa, le 02 novembre 2021

Pour le FCC,

La Conférence Élargie des Présidents

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