Des magistrats militaires et civils à l’école de la justice transitionnelle à Kinshasa

Le vice-ministre de la Justice et Garde des sceaux, Amato Bayubasire, a ouvert hier mardi 23 novembre à Kinshasa,  le séminaire sur la justice transitionnelle en Rdc : Partage d’expériences avec les magistrats civils et militaires. Cet atelier qui se clôture ce mercredi est organisé par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) avec le concours du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme.

A l’ouverture de cet atelier, le vice-ministre de la Justice a déclaré que le Chef de l’Etat a résolu de rechercher la vérité, à rétablir la justice, à réparer les préjudices subis de suite des actes répréhensibles et à garantir la non-répétition des violations des masses et des conflits armés pour une paix durable en Rdc. « Dans le vif désir de mettre en œuvre effectivement la justice transitionnelle, le Président de la République a sollicité, au mois de novembre 2020, l’appui technique de Mme le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, afin d’accompagner la Rdc dans ce processus. Cette demande du Chef de l’Etat a eu un écho favorable en ce que cette dernière a enjoint le BCNUDH à apporter son assistance et son appui nécessaire à ce processus », a expliqué Amato Bayubasire.

« Ainsi, pour donner corps à cette volonté politique exprimée par le Premier des Congolais, son cabinet vient de mettre en place un groupe de travail mixte chargé de la préparation de la mise en œuvre de la justice transitionnelle en Rdc« , a-t-il renchéri.

Le vice-ministre est convaincu  qu’il est indispensable, voire urgent que le cadre et les conditions de collaboration restent ouverts et les plus étendus possibles en vue de parvenir à la concrétisation de la volonté politique exprimée par le garant  de nation  du reste en phase avec la ligne directrice continentale conçue par l’Union africaine.

Ainsi, la Rdc ayant vécu des passés des conflits violents et des violations systématiques ou flagrantes des droits de l’homme, les objectifs de la justice transitionnelle lui permettront de réaliser de manière durable, la paix, la justice, la réconciliation, la réparation des droits de l’homme, de la paix et de la sécurité, de la bonne gouvernance et du développement.

Pour sa part, le directeur pays du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme, Abdoul Aziz Thioye, a indiqué que cette formation intervient à un moment charnière où la Rdc a plus que besoin de toutes les ressources pour tourner définitivement le dos aux cycles de violences qui ont endeuillé et qui continuent hélas d’affecter certaines parties du pays.

« Nul autre que vous, membres du corps judiciaire, garants du droit à la justice, n’est plus indiqué pour y contribuer de façon décisive« , a relevé Abdoul Aziz.

D’après  lui, l’engagement à aller dans le sens de la lutte contre l’impunité et la justice transitionnelle nécessite le renforcement des capacités de tous les acteurs concernés pour adresser les bonnes questions et répondre de la manière la plus efficace aux défis actuels des droits de l’homme en Rdc.

Par ailleurs, la commission des crimes graves qui choquent la conscience collective de l’humanité appelle à une mobilisation tout aussi importante pour faire face et répondre aux préoccupations des victimes qui sont bien souvent laissées pour compte, a-t-il confié. Une simple analyse des conflits en Rdc et de leurs conséquences permet de conclure que sans un système judiciaire performant, outillé, indépendant et impartial, l’abcès ne pourrait être crevé et la confiance de tous les Congolais en leur système judiciaire  ne saurait être rétablie, a soutenu le n°1 du BCNUDH.

« J’ai bon espoir que cet atelier permettra de renforcer vos capacités et vous permettra de mieux comprendre la dimension des poursuites  judiciaires comme premier pilier de la justice transitionnelle, ainsi que l’adéquation à créer avec les autres mécanismes que sont la recherche de la vérité, les réparations et les garanties de non-réparation« , a conclu Abdoul Aziz.

Les magistrats civils et militaires qui prennent part à ce séminaire viennent de la ville de Kinshasa, de l’Equateur, du Kasaï Central et du Maï-Ndombe.                      Mamous

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