Cop26 : 500 millions USD pour protéger la forêt de la RDC

*La participation à haut niveau de la RDC à ces travaux sur le climat produit ses fruits.

A Glasgow où une centaine de dirigeants du monde s’engagent à enrayer la déforestation, la vie du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, n’est pas de tout repos. Il y déploie une intense activité.  Le Chef de l’Etat et le Premier ministre du Royaume-Uni, Boris Johnson, ont eu une réunion de travail hier mardi 2 Novembre en marge des travaux de la COP26.

Les deux personnalités au nom du Conseil d’administration de l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique centrale (CAFI) ont signé un engagement d’une durée de 10 ans (2021-31) pour protéger la forêt de la RDC, la 2ème plus grande forêt tropicale du monde.

Cet accord multi-bailleur débloquera dans un premier temps des investissements sur le terrain se montant à 500 millions de dollars américains pour les cinq premières années.

La RD Congo a pris les engagements suivants durant l’exécution de cet accord :

Œuvrer en partenariat avec CAFI dans l’objectif d’arrêter et inverser la perte de forêts et la dégradation des terres d’ici 2031, tout en assurant un développement durable et en promouvant une transformation rurale inclusive.

Ce n’est pas tout. Sur-base de financements conséquents, additionnels, nouveaux et prévisibles, stabiliser et, le cas échéant, réduire la perte annuelle de couvert forestier, et compenser les pertes résiduelles de couvert forestier par la régénération naturelle ainsi que le boisement-reboisement et l’agroforesterie.

Un plafond de perte annuelle de couvert forestier est fixé à sa moyenne sur la période 2014 2018, précisément un maximum de 667 867 hectares par an.

De son côté, l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI) s’est engagé à : Approuver une allocation initiale de 500 millions de dollars américains en provenance de son Fonds Fiduciaire sur la période de 2021-2026.

Déployer des efforts pour mobiliser des financements conséquents pour couvrir les engagements pris par la RDC pour la période correspondante, conformément à la déclaration de la COMIFAC pour un Accord Equitable pour les Forêts du Bassin du Congo signée le 26 août 2021.

Reconnaître la rédevabilité de la République Démocratique du Congo dans l’atteinte des objectifs et des jalons identifiés dans la Lettre d’Intention signée entre parties.

« Pays solution à la crise climatique »

Outre la séance de travail avec Boris Johnson, Fatshi a présidé la réunion la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement sur le programme d’accélération et d’adaptation en Afrique pour l’accès au financement de tous les programmes de développement qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique. Le clou de cette journée de mardi 2 novembre a été  la réunion en bilatérale qu’il a eue avec le président Sassou Nguesso. La veille, Fatshi a eu un tête-à-tête avec le président Al Sissi sur la COP 27 prévue en Egypte dont les travaux préparatoires se tiendront en RDC.

Devant d’autres dirigeants du monde, Fatshi a prononcé un important discours dans lequel il a insisté sur le fait que son pays, la RDC, se présente comme  » Pays Solution  » à la crise climatique mondiale au regard de ses ressources.

Et puisque l’union fait la force, il a convié tous les maîtres du monde à unir leurs forces pour la sauvegarde des richesses naturelles de la RDC.

 » La République démocratique du Congo, mon pays, avec ses massifs forestiers, ses tourbières et ses ressources en eau et en minerais stratégiques se présente comme un pays solution à la crise climatique. C’est pourquoi j’appelle les leaders et décideurs du monde entier à agir ensemble, main dans la main afin que nous puissions protéger ce patrimoine naturel essentiel à la survie de l’humanité« , a déclaré Félix Tshisekedi, vantant son pays.

La République démocratique du Congo détient plus de 60% de forêt du bassin du Congo, deuxième poumon mondial de la lutte contre le changement climatique. Le pays a également des tourbières, des grands puits de stockage de carbone et des minerais stratégiques essentiels à la transition énergétique. Didier KEBONGO

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FÉLIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO A LA COP26 CLIMAT

Vos Altesses, Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de

Gouvernements ;

Distingués invités

Comme vous le savez, notre planète est l’objet, à chaque instant, de mutations profondes aux conséquences et répercussions importantes qui impactent négativement notre capacité à répondre au défi du changement climatique. En effet, aucune seconde, ni minute ne s’écoule sans que nos régions ne subissent graduellement les effets de ces mutations.

Malheureusement, notre accoutumance aux discours et autres statistiques alarmantes, sans réel agissement de notre part, nous mène inexorablement à notre perte. À cet égard, la publication du dernier rapport du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution du climat constitue, pour nous leaders et décideurs de ce monde, un ultime appel à l’action.

C’est pourquoi, cette conférence représente, à mes yeux, une opportunité historique pour mettre fin à nos tergiversations et renforcer nos engagements pour la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris. Le réchauffement de la planète selon plusieurs études crédibles, est en hausse, entre 4 et 5°C de la température globale, loin des 2°C prévus par l’Accord de Paris.

Nos discussions devraient, dès lors, se focaliser sur la décarbonation de l’économie mondiale et la nécessité de soutenir davantage les pays vulnérables, en particulier ceux d’Afrique, d’Asie ou encore les pays insulaires, à s’adapter aux impacts du changement climatique.

En outre, la préservation de notre planète ne pourra, en réalité, se matérialiser sans pour autant que nous ne fassions preuve de vérité dans la responsabilité. En effet, L’Afrique qui n’émet que très peu de gaz à effet de serre, se voit être l’un des continents les plus vulnérable face à ces changements, compte-tenu des données climatiques préexistantes, mais également, des réalités socioéconomiques et politiques qui la transcendent.

Cependant, bien que possédant une immense forêt tropicale humide, le Bassin du Congo, qui constitue une part importante de la réponse aux défis climatiques actuels, force est de constater que notre continent ne reçoit pas, en retour de cette contribution, une compensation juste et proportionnelle.

Mesdames et Messieurs,

La République Démocratique du Congo, pays situé en plein cœur de l’Afrique et qui abrite la seconde plus grande forêt au monde se trouve être en cette année, le porte-voix de tout un continent pour des assises d’une si grande importance. Avec tous ses atouts et son rôle naturel charnière, la République Démocratique du Congo porte une grande ambition dans la régulation climatique.

Avec ses tourbières et son massif forestier, elle fournit à l’humanité un immense service de séquestration de gaz carbonique et contribue à limiter l’augmentation de la température planétaire.

Ses ressources énergétiques ainsi que ses minerais stratégiques essentiels dans le développement de techniques, outils et procédés visant à réduire l’impact carbone de même que la pollution au niveau planétaire positionne naturellement, mon pays, comme solution.

Ainsi, comme je l’ai annoncé le 22 avril dernier, lors du Sommet sur le Climat initié par le Président des États-Unis d’Amérique, Monsieur Joe BIDEN, je réitère ici l’engagement de la République démocratique du Congo à mettre en œuvre l’Accord de Paris.

Il s’agit, pour nous, de concilier cet engagement à nos efforts de lutte contre la pauvreté au profit de nos populations, particulièrement aux communautés locales et aux peuples autochtones.

C’est, en l’occurrence, dans cette perspective que mon pays a actualisé sa contribution déterminée à l’échelle nationale. Fixée à 17% en 2015, la cible actuelle de réduction d’émissions de gaz à effet de serre a été portée à 21% à l’horizon 2030. Cette révision inclut de nouveaux secteurs majeurs tels que les transports, les mines, les infrastructures et les déchets. Le coût de mise en œuvre y relatif se chiffre à environ 48 milliards de dollars américains.

Nous nous attelons à mener des actions qui permettent, non seulement, la préservation de nos forêts mais aussi leur gestion efficiente, tout en nourrissant l’ambition de restaurer notre couvert forestier à 63,5% à l’horizon 2030.

Nous nous employons, également, à réduire la pression sur nos forêts en développant notre immense potentiel énergétique propre et renouvelable. Il y a des possibilités d’améliorer qualitativement le taux d’accès à l’électricité à l’horizon 2030. De même dans le cadre de l’intégration régionale, des projets d’interconnexion avec d’autres pays sont prévus.

Mesdames et Messieurs,

L’Afrique et la République démocratique du Congo recommandent vivement l’application effective de l’Article 9 de l’Accord de Paris aux termes duquel, les pays développés fournissent des ressources financières adéquates pour assister les pays en développement à mettre en œuvre leurs programmes d’adaptation et d’atténuation. À ce propos, il est nécessaire de soutenir les programmes d’adaptation de l’Union africaine tels que l’Accélération de l’Adaptation en Afrique (AAA) et le Plan de Relance Verte de l’Afrique.

Je voudrais terminer, Mesdames et Messieurs, en réitérant mon propos, tenu lors du Sommet sur le Climat, relatif à la nécessité de revoir à la hausse le prix de carbone de 5$ à 100$ la tonne. Il est évident qu’un prix de carbone plus robuste et équitable intégrant toutes les opportunités, permettrait de découpler l’augmentation des émissions et le développement économique. Je vous remercie.

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