RDC : Pas de loi pour aborder la question de la Traite des personnes !

La traite des personnes désigne le recrutement, le transport, le transfert, l’hergement ou l’acceuil de personnes, par la menace, le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlevement, fraude, trompérie, abus d’autorité…, selon l’organisation internationale du travail ( OIT). La traite  renvoie aussi au travail forcé, au trafic d’organes, à la mendicité forcée, au mariage forcé, au recrutement des enfants par les groupes armés.

Cependant, cette question en RDC n’est pas encore régulée. D’après  la cordonnatrice de l’Agence pour la prévention et la lutte contre la Traite des personnes ( APLTP), madame Cécile Rebecca Meta Kasanda, il y a un projet de loi en gestation au niveau du gouvernement qui va réguler  cette question.  Ce projet de loi va définir les modalités  de prévention, de répression, aussi les mécanismes d’identification, de prise en charge et des réinsertions de victimes de la traite des êtres humains en RDC. A ce sujet, l’APLTP  travaille avec les ministères sectoriels, la police,  l’OIM et l’OIT. Elle a encouragé  le ministère de Droits Humains à s’impliquer pour que cet instrument juridique soit opérationnel.

A entendre sa coordonnatrice, c’est le ministère  de Droits humains qui va, après harmonisation des observations des uns et des autres, présenter ce projet de texte à la commission de lois du gouvernement pour qu’il soit défendu au Conseil des ministres avant son transfert au Parlement pour examen et adoption. APLTP est créée en avril 2019 au niveau de la Présidence de la République avec comme missions  notamment,  de définir les politiques publiques en matière de lutte contre la traite des personnes, à élaborer les stratégies nationales pour combattre ce fléau en RDC. 

L’organisation internationale des migrations qui est partenaire du gouvernement à ce sujet, travaille avec les réseaux concernés et impliqués dans la lutte contre la traite des personnes.  Aussi, avec les chefs religieux, parce qu’il y’a beaucoup d’enfants qui se retrouvent en situation de rue et qui sont exposés à la traite en raison de l’ensemble de croyance culturelle, en les  accusant de la  sorcellerie. Ils sont stigmatisés et rejetés et  deviennent pratiquement vulnérables, a déclaré le conseiller technique de l’Oim au cours d’un entretien. 

* En RDC, les statistiques n’existent pas 

En RDC, les statistiques générales sur la traite des personnes n’existent  pas, a fait savoir Dr Ely Thélot.  Il y a beaucoup de situations qu’on assimile à la traite des personnes notamment la prostitution forcée et l’exploitation sexuelle.  Selon lui, la traite des personnes touche particulièrement les femmes et les enfants dont les filles qui se retrouvent victimes d’exploitation  sexuelles. Aussi, les enfants en situation de rues qui sont soumis à la mendicité forcé, on le force à commettre le vol à la tire, le cambriolage et autres. Le travail forcé dont plus de  20 % des personnes qui travaillent  dans les Mines artisanales sont  les enfants, l’exploitation des filles mineures. Le déplacement de la population dans les zones posts conflits, cela aussi favorise la traite des personnes.

La question de la traite transfrontalières est très posée en RDC qui partage ses frontières avec 9 pays, a-t-il précisé.

Selon lui, « beaucoup d’enfants venus de différentes provinces du  Kasaï ont été enlevés par les adultes ( trafiquant des êtres humains) en leur faisant de fausses promesses quand ils seront à Kinshasa. Une fois dans la capitale, ils sont forcés à faire la mendicité forcé, le soir, ils ramenent les butins aux aînés avec un quota. Si ce quota n’est atteint, ils sont violentés », a-t-il confié. Ainsi,  » Nous espérons pouvoir sensibiliser avec les groupes religieux pour leur faire  comprendre tout le tort causé à ces enfants », a souligné ce cadre de L’OIM. 

Toutefois, ce fonctionnaire de L’OIM a reconnu qu’en RDC beaucoup d’efforts ont été fournis au niveau des FARDC en matière des violations des droits humains, les bourreaux sont poursuivis par la Justice militaire, ce qui est très apprécié.  Nous encourageons fortement lorsque les  mineures sont concernées que l’attention soit encore plus forte et que les décisions soient rapides », a martelé Ely Thélot. 

Enfin, « Nous travaillons sur un document  qui sera bientôt public en partenariat avec  L’APLTP. Un document qui va préciser comment, quand, avec quels outils, qui peut le faire pour arriver à identifier les victimes de la traite des personnes afin d’assurer leur prise en charge et leur réinsertion », a conclu le conseiller technique de l’OIM.Mathy Musau 

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