Marche de Lumuka : Pari gagné pour le tandem Fayulu-Muzito

Les leaders de cette coalition ont exigé la suppression immédiate de la taxe Ram, avant de promettre d’assiéger l’Assemblée nationale en cas d’un « forcing » pour l’entérinement des membres de la Ceni

Le tandem Fayulu-Muzito a frappé un grand coup, ce samedi 16 octobre, au cours de la marche pacifique organisée pour réclamer la bonne gestion des affaires publiques et la non-politisation de la Ceni, en vue de l’organisation des élections libres, démocratiques, transparentes et apaisées, à l’horizon 2023. Une manifestation réussie par sa mobilisation, en drainant une marée humaine de Rond-point Ngaba jusqu’à la 1ère rue Limete.

C’est aux environs de 13 heures que la foule immense qu’accompagnaient les leaders de la coalition Lamuka envahit la moitié du boulevard Lumumba, avant de chuter à la 1ère rue Limete, à quelques mètres de la paroisse St Raphael, où était érigé un podium pour la circonstance. La musique retentissait et les animateurs des partis politiques de cette structure haranguaient la foule par des cris de joie et autres chansons de gloire en faveur de Martin Fayulu et son coéquipier Adolphe Muzito, pour la réussite de cet évènement, démontrant encore une fois qu’une bonne partie des Kinois soutiennent encore le combat mené par Lamuka.

Suppression du Ram et restitution de l’argent collecté

A son arrivée, le président de l’Ecide, Martin Fayulu n’a pas pu joindre le podium pour faire son speech. La foule compacte qui l’a précédée n’a pas su dégager de l’espace pour permettre à leur leader de rejoindre le podium. Fayulu est resté debout derrière la cabine de la jeep pick-up qui le transportait pour s’adresser au public. Il était accompagné de son épouse, de Lisanga Bonganga et des autres cadres de Lamuka. Adolphe Muzito est resté dans sa jeep car, souffrant de la grippe.

Dans son speech, Martin Fayulu a remercié le Seigneur pour la mobilisation réussie autour de cet évènement, ce qui, selon lui, prouve que l’action menée par Lamuka est soutenue par Dieu car, elle vise à sortir le pays de la pauvreté, en mettant à la place qu’il faut, des personnes intègres et responsables.

« Vous devez savoir que le pays est en train d’être détruit. Ce qui détruit le pays, c’est la faim, la misère et les mauvais dirigeants qui ne savent pas gérer le pays. Ils ont dans cette misère ajouté le Ram. Nous leur disons de supprimer le Ram rapidement. Parce que c’est du vol. C’est de l’escroquerie. Nous devons nous mobiliser tous pour exiger la suppression de cette escroquerie. Mais après cette suppression, ils doivent remettre tout l’argent collecté », a-t-il lancé devant une masse des Kinois venus de tous les coins de la capitale.

Mettre fin à l’état des sièges

Un autre problème, poursuit Martin Fayulu, c’est l’insécurité. « On tue chaque jour à Beni, en Ituri, dans tout le Nord-Kivu. On tue nos frères et sœurs. On dit que les rebelles sont chez nous, alors pourquoi ils ne rentrent pas chez eux. Les rebelles ougandais, rwandais pourquoi ne vont-ils pas tuer dans leurs pays respectifs, seulement chez nous ? Voilà pourquoi nous devons exiger qu’on puisse mettre fin à l’état de siège pour que l’administration civile revienne. Et à ce moment, on pourra donner les moyens conséquents à nos forces armées pour combattre ces rebelles », a-t-il recommandé.

Au chapitre des arrestations, Martin Fayulu a exigé la libération immédiate de l’artiste musicien patriotique Idengo, arrêté à Beni puis libéré, arrêté encore à Beni et transféré à Goma. Pour il n’est pas normal qu’on laisse les détourneurs des deniers publics vivre en paix et qu’on incarcère un artiste parce qu’il dénonce des choses à travers ses chansons.

Assiéger l’Assemblée nationale pour exiger la dépolitisation de la Ceni

Pour le leader de l’Ecide, si la RDC est pauvre aujourd’hui, malgré toutes les potentialités qu’elle regorge, « c’est parce que nous avons des dirigeants qui volent. Et ces dirigeants n’ont pas été choisis par le peuple. La faute a été commise par la Ceni, en fabriquant les chiffres. Voilà pourquoi on ne peut plus accepter que la Ceni soit encore dirigée par des gens capables de fabriquer des chiffres. Nous avons besoin d’une Ceni qui demain prononcera des résultats qui reflètent la volonté du peuple. »

Martin Fayulu invite ses militants à se tenir prêt pour qu’au moment venu, ils puissent descendre au niveau de l’Assemblée nationale. « Nous devons nous préparer pour descendre au Palais du peuple, au cas où l’Assemblée nationale entérinerait des candidats non voulus par le peuple. Nous devons nous réunir pour améliorer la loi sur la Ceni et cela peut nous prendre pas plus de trois jours. Ça va nous permettre de dépolitiser la Ceni et donner aux politiciens le rôle de contrôle de cette institution. Si nous aimons la paix, nous devons mettre l’actuelle loi sur la Ceni de côté et élaborer une autre pour dépolitiser totalement la Ceni. L’actuel bureau sera composé de 7 personnes, dont 6 politiciens et un président de la société civile. Ce dernier ne saura rien faire face à ces six politiciens », a-t-il souligné. Rocco NKANGA

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