«La RDC est le grand gagnant du partenariat sino-congolais»

* Ceux qui incitent les Congolais à remettre en cause cette coopération ne se soucient pas du dévellopement du Congo, mais recherchent leurs intérêts propres, analyse l’ambassadeur Zhu Jing.

Les échanges commerciaux entre la Chine et la RDC ont atteint 7,8 milliards de dollars américains durant les 7 derniers mois de l’année en cours, soit une augmentation annuelle de 97 %, a souligné l’ambassadeur de la République populaire de Chine en République démocratique du Congo, Zhu Jing. Le diplomate chinois l’a indiqué au cours d’un entretien avec la délégation des journalistes revenus d’une visite dans les entreprises minières chinoises dans l’ex.- Katanga, hier jeudi 30 septembre, à Kinshasa.

Ce qui signifie pour le diplomate chinois que la RDC a gagné 4,7 milliards Us de plus par rapport à la même période durant l’année 2020.  «C’est-à-dire que la RDC est largement excédentaire dans les échanges avec la Chine. Est-ce que le Congo est perdant ? Evidemment non. Et cela avec les mines.  L’industrialisation est un rêve depuis l’indépendance du peuple congolais.  L’industrialisation du pays, c’est le chemin obligatoire pour la prospérité, la création de plus de richesses, pour l’amélioration des conditions de vie de la population. Mais l’industrialisation d’un pays doit commencer par un secteur.  La Chine a commencé son industrialisation par le secteur du textile.  La Chine dispose d’une grande main d’œuvre. C’est notre avantage comparatif.  C’est à partir de cet avantage qu’on avait  commencé à mettre en place notre industrialisation textile et on monte petit à petit à une industrialisation mondiale.  Et l’industrialisation du Congo doit partir avec le secteur minier

C’est aussi un avantage comparatif plus fort, fait-il remarquer. «Avec les investissements chinois, le Congo aujourd’hui dispose non seulement de plus en plus des mines, mais aussi des chaines de transformation.  Parce que les entreprises chinoises quand elles investissent dans les mines, elles installent aussi sur place des chaines de production.  Vous avez constaté dans toutes les entreprises que vous avez visitées (Sicomines, Kamoa, Comika, Lamikal, etc.), il y a de grandes chaines de transformations des minerais. Donc on n’apporte pas seulement des capitaux frais, mais on aide les amis congolais à monter dans le temps de l’industrialisation. Avec cette montée, il y a plus de valeurs ajoutées et plus de main-d’œuvres locales, avec des ouvriers qualifiés.  C’est une contribution effective à l’industrialisation, une contribution à long terme et durable au développement de la RDC», a-t-il indiqué.

la presence des entreprises chinoises riment avec la début de l’industrialisation

Pour sa part, la délégation des journalistes qui ont visité durant deux semaines un échantillon de sociétés minières chinoises exploitant dans les villes de Lubumbashi, Likasi et Kolwezi, a relevé le déficit communicationnel desdites sociétés, qui empêche l’opinion nationale de saisir la portée de l’apport de la coopération sino-congolaise dans le secteur minier.

Elle a recommandé au chef de la mission diplomatique chinoise de veiller à ce que ces entreprises minières maintiennent un partenariat efficace en vue de communiquer suffisamment sur leur travail. Ce qui contribuera sensiblement à modifier tant soit peu la mauvaise opinion formalisée autour de la coopération minière sino-congolaise.

La délégation de la presse a salué, par ailleurs, le travail abattu par les sociétés chinoises dans l’ex-Katanga, dans la création des richesses dans ces coins, – qu’il y a peu ressemblaient à des brousses-, la création des emplois, la création d’une main d’œuvre qualifiée mais aussi, pour le pays, le début d’un processus d’industrialisation à travers le secteur minier.

DES INVESTISSEMENTS MINIERS EN APPUI A LA CONSTRUCTION DES INFRASTRUCTURES

A en croire Zhu Jing, récemment il y a eu beaucoup de reportages et spéculations médiatiques qui mettent en cause le partenariat sino-congolais, voire une campagne de diabolisation du partenariat sino-congolais. Beaucoup d’éléments infondés dans des reportages et beaucoup d’informations qui ne correspondent pas à la réalité. Pour lui, c’est une campagne de diabolisation manipulée et orchestrée par certaines forces.  L’objectif de cette campagne n’est pas d’améliorer le partenariat sino-congolais, mais plutôt «la destruction de ce partenariat dont la RDC est le grand gagnant». 

Le partenariat sino-congolais est un partenariat de longue date, explique-t-il. «L’année prochaine, révèle-t-il, la RDC et la Chine fêteront le 50ème anniversaire de la normalisation des relations sino-congolaises.  Dès le début de l’indépendance de la RDC, la Chine a reconnu la nouvelle République, avec à sa tête le président Kasa-Vubu et le premier Ministre Lumumba.  Après l’assassinat du premier Ministre Lumumba, le nouveau régime dirigé par Mobutu, a établi des liens officiels avec Taïwan.  Or, Taïwan est une province chinoise, ce n’est pas un Etat.  C’est pourquoi il y a eu rupture des relations diplomatiques entre 1961-1972.  Et en 1972, le maréchal Mobutu revient sur le principe.  Il chasse les autorités taïwanaises et reconnait le gouvernement de la République populaire de Chine comme le seul représentant légal et légitime de la Chine.  C’est sur la base du principe d’une seule Chine que les relations diplomatiques entre la RDC et la Chine se sont normalisées.  Et depuis, les relations entre les deux pays ne cessent de se consolider avec un  partenariat très fructueux».

C’est un partenariat lointain avec beaucoup de réalisations : le palais du peuple, le stade des Martyrs, etc.  Et à partir des années 2000, signale Zhu Jing, des investissements directs des entreprises chinoises arrivent au Congo avec les résultats d’un retour de la RDC en tant que grande puissance industrielle minière dans le marché mondial.  Il y a aussi des investissements réalisés dans les infrastructures dans le cadre des contrats chinois, dans le cadre d’autre partenariat intergouvernemental et entre les entreprises chinoises et congolaises, soutient-il.

UN PARTENARIAT CONSTRUIT SUR UNE AMITIE SINCERE

Le partenariat sino-congolais est à la fois un partenariat de longue date et fraternel, note le diplomate chinois.  Il se construit sur une amitié sincère et aussi sur une assistance ou entraide mutuelle. Il donne l’exemple du contrat chinois avec la Sicomines, qui est intervenu au moment où la RDC sortait des guerres civiles. «L’Etat congolais manque des moyens financiers pour construire le pays, alors qu’il dispose des ressources minières comme seul avantage.  Et à ce moment-là, hormis la Chine, la RDC a eu des difficultés à trouver des financements auprès des autres partenaires du pays.  D’où vient l’idée de formuler le contrat chinois, c’est-à-dire mettre en valeur, à partir des investissements dans les mines, générer des ressources, des revenus à réinvestir dans les infrastructures et dans la reconstruction du pays ».

Concrètement, poursuit-il, «c’est l’Etat congolais face à ses difficultés qui invite les amis chinois à venir à l’aider. Et le groupe des entreprises chinoises n’a pas hésité à répondre à cette invitation pour participer avec leurs propres moyens financiers à la reconstruction de la République démocratique du Congo

«Face à la question de savoir si la RDC est le grand perdant dans le contrat chinois ou ce sont les chinois qui gagnent uniquement ? Les congolais ont-ils perdu le contrôle de leurs ressources ou souveraineté ?  La réponse est catégoriquement non, note-t-il. Au contraire la RDC est le grand gagnant de ce partenariat. D’abord, les contrats chinois se sont réalisés entièrement avec le financement de la partie chinoise.  Ce sont les entreprises chinoises à la tête desquelles  la Sicomines qui prennent en charge le financement, en s’endettant auprès des banques chinoises et qui investissent.  Grosso modo, l’Etat congolais sans investir un seul dollar bénéficie d’une industrie minière moderne, avec des équipements modernes et très sophistiqués.  Avec cette production minière, l’Etat congolais redevient une grande puissance minière mondiale. Avec l’exploitation des produits miniers, l’Etat congolais reçoit de plus en plus d’argent.  S’il y a aujourd’hui augmentation des réserves de change au niveau de la Banque centrale congolaise, c’est grâce partiellement à l’exploitation des produits miniers».

Zhu Jing croit dur comme fer que très bientôt avec la mise en service de la centrale de Busanga, et le lancement de la phase II de la mise en production de la Sicomines, on peut mettre une accélération dans la construction des infrastructures. Il reconnait aussi, qu’à part les investissements chinois, grâce à l’appui des entreprises chinoises dans le secteur minier, l’Etat congolais dispose aussi plus de ressources financières pour reconstruire les infrastructures. 

LE PARTENARIAT SINO-CONGOLAIS RENFORCE L’AUTONOMIE DE LA RDC

Il laisse entendre que grâce au partenariat sino-congolais, la RDC a le droit de choisir ce qui lui convient de plus.  Le pays devient plus autonome et du coup au lieu de fragiliser la souveraineté de l’Etat congolais, cette dernière se renforce davantage et renforce en même temps l’autonomie du peuple. «Voilà donc sans débourser un seul dollar, le Congo tire des bénéfices énormes. Pourquoi alors remettre en cause ce partenariat ? C’est pourquoi il faut faire attention à certains propos qui incitent les congolais à remettre en cause ce partenariat.  Ces gens-là ne se soucient pas du développement du Congo mais cherchent  leurs intérêts propres», conseille-t-il.

La RDC ne doit pas être un terrain de combat de grandes puissances.  Au contraire, la RDC doit être un terrain de coopération internationale, conclut-il. De ce fait, martèle Zhu Jing, cette coopération doit contribuer au développement du Congo, à l’amélioration des conditions de vie du peuple congolais.  Car, mentionne-t-il, aucun pays, aucune force ne doit se servir du Congo pour ses propres intérêts.  Aucun pays ne doit mettre en otage le Congo dans les enjeux géopolitiques. Le partenariat sino-congolais demeurant ouvert et inclusif.       Rocco NKANGA

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