Jacques Kyabula porte les lauriers

Les élections des gouverneurs dans 14 provinces en proie à l’instabilité institutionnelle, à la suite de la destitution soit du titulaire soit du vice, vont se tenir dans les prochains jours.

Dans des provinces non concernées par ces élections, tout se déroule comme d’ordinaire. Les gouvernements provinciaux, les Assemblées provinciales et autres entités décentralisées continuent à remplir leurs tâches institutionnelles. Mais quelle lecture font les populations de ces provinces de la gestion de leurs gouverneurs respectifs?

C’est la principale question qui a été au centre du sondage d’opinion réalisé par l’institut de sondage « Les Points » du 10 au 15 septembre 2021 dans 11 provinces du pays. Ce sondage s’est articulé autour des principales résolutions issues de la 7ème Conférence des gouverneurs, tenue à Kinshasa du 28 au 29 décembre 2020. Ces résolutions sont axées autour de la politique et sécurité dans les provinces, l’économie, les infrastructures, l’énergie et électricité ainsi que le social des populations.

Après analyse des données recueillies sur le terrain, il se dégage que seuls quatre gouverneurs se sont distingués pour avoir travaillé dans la droite ligne des recommandations de la 7ème Conférence des gouverneurs. Il s’agit de Jacques Kyabula du Haut-Katanga, Gentiny Ngobila de Kinshasa, Christophe Baseane Nangaa du Haut-Uélé et Théo Ngwabidje Kasi du Sud-Kivu.

De ces quatre gouverneurs, c’est Jacques Kyabula Katwe, appelé affectueusement « Liwali wa ndani« , qui porte les lauriers.

Globalement, selon les résolutions de la Conférence des gouverneurs, le gouverneur du Haut-Katanga récolte 74,6% de cote d’amour de la population haut-katangaise, visiblement satisfaite de son action. Il devance de 17,2% Gentiny Ngobila de Kinshasa, 2ème avec un total de 57,4% de suffrages favorables.

Omniprésent dans les baromètres des gouverneurs, Christophe Nangaa se positionne à la troisième place grâce aux 54,2% d’opinions séduites par ses œuvres au bénéfice de la population. Théo Ngwabidje s’offre la quatrième place du classement des gouverneurs ayant la cote auprès de leurs administrés grâce aux 52,2% de oui récoltés.

A la queue du classement, deux gouverneurs, sévèrement sanctionnés par leurs administrés faute de rencontrer leurs aspirations et de poser des actions fortes.

Il s’agit de Fifi Masuka, portée à titre intérimaire, à la tête de la province du Lualaba depuis plusieurs mois. Alors que cette province a connu un bon départ dans les précédents sondages réalisés par « Les Points« , elle a connu une plus grande chute dans le présent. En cause, 69% de répondants ne décolèrent pas face au délabrement très avancé et progressif des infrastructures sociales de base, notamment les routes. Selon leurs réponses, ils rencontrent actuellement des nids de poule dans presque toutes les artères de la ville de Kolwezi, évoquant l’exemple du rond-point Mwangeji. Ils ont aussi fustigé l’évolution à pas de tortue de beaucoup de travaux d’infrastructures.

A la dernière place se trouve le gouverneur du Sankuru, Joseph Stéphane Mukumadi, dont l’action n’a eu d’écho favorable qu’auprès de 5% d’enquêtés. Ses administrés le jugent incompétent et peu inspiré. Ils épinglent notamment le manque d’initiative de la part du chef de l’exécutif provincial du Sankuru, l’absence d’un gouvernement investi et surtout ses absences prolongées dans la province.

Pour le gouverneur du Haut-Katanga, ses administrés sont les seuls, de toutes les provinces, à affirmer, à plus de 74,6%, que leur province est véritablement gérée, contre 19,4% qui disent le contraire et 6% sans avis. Ils évoquent plusieurs chantiers déjà réalisés ou en cours d’exécution sur l’ensemble de la province. Dans le cadre de la salubrité publique, aucune montagne des immondices n’est signalée à travers la ville.

Le gouverneur Jacques Kyabula a instauré une politique d’évacuation quotidienne d’immondices avec l’acquisition des matériels pimpants neufs sous le financement du gouvernement provincial. La sécurisation de la population et ses biens est bien assurée. La diversification de l’économie et l’harmonie entre, d’une part, le gouvernement provincial et l’Assemblée provinciale et d’autre part, entre les institutions provinciales et les institutions nationales sont également bien organisées.

L’organisation des obsèques dignes de son rang pour le président de l’Assemblée provinciale, le Patriarche Kyungu Wa Kumwanza, pour ne citer que ceci, a poussé les Haut-Katangais à accorder encore de la confiance à leur gouverneur.

Les Haut-Katangais disent apprécier le « bon climat politique » qui prévaut dans la province grâce à l’ouverture dont fait preuve le gouverneur. Les administrés de Jacques Kyabula « Liwali wa ndani » se disent aussi contents de la lutte contre la fraude et la corruption.

Ngobila, bien qu’actif, ses efforts engloutis par la situation catastrophique héritée.

Concernant Gentiny Ngobila, les 57,6% des habitants de Kinshasa qui se disent satisfaits de son bilan de ces derniers mois, évoquent entre autres, des chantiers des infrastructures sociales de base lancés dans presque toutes les communes; la poursuite  de l’Opération Kin-Bopeto; une certaine stabilisation de la sécurité grâce à la traque contre les Kuluna et l’amélioration de la desserte en eau dans quelques quartiers.

Néanmoins, les répondants soutiennent qu’il y a une absence criante de suivi des différents chantiers lancés par l’Hôtel de ville de Kinshasa.

A ce sujet, certains enquêtés ont fait remarquer que le gouverneur Gentiny Ngobila est remuant et actif sur le terrain. Il prend des initiatives et mène des actions dont les résultats sont généralement étouffés à cause de la situation catastrophique héritée.

La situation trouvée n’est pas seulement relative à la gestion de la ville mais aussi à la mentalité des Kinois qui ne s’adaptent pas aux enjeux majeurs du développement de la ville et ne contribuent presque pas aux efforts pour relever le défi de rendre salubre la capitale congolaise.

Nangaa milite contre la faim

Pour le gouverneur du Haut-Uélé, Christophe Baseane Nangaa, les 54,2% de ses administrés séduits par ses actions affirment qu’il se bat bien. On relève entre autres, les actions à son actif ces derniers mois, la construction d’une centrale hydroélectrique; l’urbanisation des zones rurales; des investissements dans l’agriculture pour lutter contre la faim; la poursuite de la reconstruction et modernisation des routes de desserte agricole, notamment celle reliant Isiro et Wamba ou encore des projets de développement tel que celui dénommé « Biya« .

Théo Ngwabidje, premier gouv’ à avoir suspendu l’exploitation illégale des minerais

Pour Théo Ngwabidje Kasi, gouverneur du Sud-Kivu, les 52,2% de ses administrés qui se disent contents de son action, évoquent principalement la lutte contre la fraude minière. Ils notent avec fierté que c’est dans leur province qu’a commencé ce qu’on peut qualifier de traque contre les sociétés minières exploitant illégalement ou illicitement les ressources naturelles du pays.

Pour cause, c’est Théo Ngwabidje Kasi, premier gouverneur à avoir suspendu l’exploitation illégale des minerais de sept sociétés et coopératives minières au motif qu’elles ne sont pas en règle avec la loi.

D’autres actions phares retenues à son actif sont entre autres, la lutte contre l’insécurité, la mobilisation des recettes publiques ou encore l’instauration de l’ordre dans la circulation routière à Bukavu, chef-lieu de la province.

A noter que par rapport au dernier baromètre sur les gouverneurs de provinces, publié par « Les Points » en juin dernier, les trois premiers gouverneurs retenus ont gardé le cap. Si Jacques Kyabula du Haut-Katanga a conservé le maillot jaune et consolide sa cote d’amour dans l’opinion publique, celui du Sud-Kivu a enregistré la meilleure progression, passant de la 6ème place à la quatrième place avec 52,2% de bonnes opinions.

Gentiny Ngobila de la ville province de Kinshasa voit sa cote augmentée de 5,2% (54%) et se maintient à la deuxième place comme en juin dernier.

Il en est de même pour Christophe Nangaa, qui a réussi à gagner une place et six points pour se classer 3ème avec 54,2% de bonnes opinions. En juin dernier, il en avait 46,2%.

Quant à Théo Ngwabidje, il fait sa première entrée dans le baromètre des gouverneurs les mieux côtés de la République au troisième trimestre 2021. LES POINTS

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