Confessions religieuses: rupture consommée

* Sans le consentement  de la CENCO et de l’ECC, Dodo Kamba invite l’Assemblée nationale à entériner la candidature de Denis Kadima.

Plus l’once d’un doute. Entre le duo CENCO-ECC et les six autres confessions religieuses, la rupture est consommée. Conduit par Dodo Kamba, le G6 ne s’embarrasse plus de circonlocution biblique pour appeler carrément et ouvertement la Chambre à entériner la candidature de Denis Kadima. Telle est la quintessence du procès -verbal de six confessions religieuses, déposé à l’Assemblée nationale. Du côté du duo CENCO-ECC, on ne mâche pas les mots pour articuler que la démarche de 6 autres confessions religieuses n’engage pas les Catholiques et les Protestants. Pas besoin d’un dessein pour comprendre que si les députés de la Majorité adoubent Denis Kadima et qu’in fine, le Président confirme ce choix, le pays va entrer dans une période de flottement. D’autant que d’autres parties prenantes au processus préélectoral conditionnent leur implication active par le consensus au niveau des confessions religieuses. Or, avec l’initiative de six dignitaires religieux avec, à leur tête, le pasteur Dodo Kamba, l’espoir d’un consensus vient de voler en éclats. 

A la tête des six confessions religieuses, parties prenantes à la désignation du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Dodo Kamba affirme avoir déposé une correspondance, hier lundi 4 octobre à l’Assemblée nationale. Au cours d’une conférence de presse tenue le même jour, à Kinshasa, le Représentant légal des églises de réveil de la RDC dit compter, « sur la sagesse et l’amour des députés nationaux » d’entériner le candidat choisi par son groupe.

« Il est temps pour que l’Assemblée nationale effectue l’entérinement de notre PV déposé« , insiste Dodo Kamba. L’homme de Dieu explique que « le candidat que nous avons choisi, nous l’avons trouvé tous compétent ». De même, il  constat que « certaines confessions religieuses ont estimé jeter de l’opprobre sur celui-là. Une haine qui ne dit pas son nom« , déclarant que les chefs des confessions religieuses sont appelés à enseigner l’amour…

« UNE LETTRE QUI REPOND A LA DEMANDE DE MBOSO »

Dodo Kamba estime que « nous avons déposé une lettre qui répond à la demande du président de l’Assemblée nationale. Nous comptons sur la sagesse, l’amour des députés d’arriver à l’entérinement que nous allons déposer« . Le début du week-end dernier, Christophe Mboso avait, une fois de plus, accordé un délai de 72 heures aux confessions religieuses pour se choisir un candidat commun, devant assumer les fonctions du président de la Centrale électorale.

Les six confessions religieuses, à travers Dodo Kamba estiment que les pourparlers du samedi dernier au Centre Interdiocésain ne se sont pas passés comme il se doit. Il note l’absence des responsables attitrés de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et de l’Eglise catholique. A la place, « nous avons eu à faire à des gens avec qui nous n’avons jamais discuté autour de ce sujet« , revèle Dodo Kamba.

LEGERETE AU CENTRE INTERDIOCÉSAIN

Le Représentant légal des églises de réveil pense aussi que ces assises ont été émaillées d’insécurité causée par une frange de musulmans. Bref, souligne Dodo Kamba, « il y a eu un peu de légèreté : pas de sujet à l’ordre du jour. Il fallait un libre-échange pour parler de tout. Ça ressemblait à un divers. Il n’y avait aucune proposition concrètè. On aurait bien voulu qu’il y ait quelques preuves sur le travail abattu. Rien n’a été présenté dans ce sens », déplore-t-il.

« Nous nous sommes donné la peine de respecter les institutions de notre pays. On a le souci de cette population. Désigner le président de la CENI pour éviter le glissement devrait être notre priorité« , fait-il savoir. Malheureusement, constate-t-il, « les autres confessions souscrivent à ne pas désigner un membre pour que la question reste pendante. Nous n’adhérons pas à cette démarche. Nous sommes convaincus que notre choix a été judicieux », rencherit-il.

Dodo Kamba a balayé d’un revers de la main les allégations selon lesquelles seul le président ou le vice-président des confessions religieuses est habilité à déposer le procès-verbal des réunions auprès de l’Assemblée nationale. « La charte qui nous régit ne fait pas allusion à une telle chose », précise-t-il lors des échanges avec la presse, au siège de la Commission d’intégrité et médiation électorale (CIME).

QUI DE LA PERSONNE A DEPOSER LE PV

Pour Dodo Kamba, « tous ceux qui pensent que les six confessions religieuses ne sont pas qualifiées pour déposer un PV au bureau de l’Assemblée nationale sont dans le faux. Notre démarche est cohérente et respecte les textes », soutient le Représentant légal des églises du réveil. « Depuis plus de dix ans que nous existons, aucun membre appartenant à l’église catholique ou l’ECC n’a déposé une correspondance au bureau de la chambre basse du Parlement au nom de toutes les confessions religieuses« , fait-il remarquer.

Il est d’avis que les catholiques et les protestants « ne veulent pas que cette question soit définitivement réglée. Ils n’ont pas cette volonté d’aller de l’avant. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas continuer de céder à leur caprice », argumente l’homme de Dieu. « A l’heure actuelle, nous avons fini notre travail et nous prenons le peuple congolais à témoin« , se satisfait-il.

Malgré que le fameux PV est désormais soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale, les six confessions religieuses n’excluent pas de rencontrer leurs collègues catholiques et protestants si nécessaire. « Nous sommes des Congolais. S’ils désirent nous rencontrer on ne refuserait pas« , dit Dodo Kamba, expliquant que la poursuite des pourparlers le lundi 4 octobre après l’échec de la réunion de samedi dernier n’était pas à l’ordre du jour.

« A la sortie du Centre Interdiocésain, notre communication était claire: il ne s’agissait plus de se rencontrer le jour suivant pour reparler de cette question », confirme Dodo Kamba. Une affirmation qui contredit l’annonce faite par l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Rachidi MABANDU

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