Chebeya-Bazana : le procès à nouveau renvoyé au 13 octobre !

A la prison militaire de N’Dolo, le procès  du double-assassinat de Chebeya-Bazana a repris hier pour être à nouveau suspendu et renvoyé à la huitaine.

Pour le premier renvoi allant du 22 septembre 2021, jour d’ouverture du procès au 6 août, le juge militaire avait invoqué le temps nécessaire pour les deux accusés de constituer leur défense qu’ils n’avaient toujours pas.

Situation qui a malheureusement persisté pour que la Haute cour militaire commette d’office des Avocats pour assurer leur défense. Ceux-ci ont sollicité un temps pour s’imprégner du dossier de leurs clients. D’où, ce nouveau renvoi d’une semaine avant de commencer l’instruction de la cause.

Dans ce procès comparaissent devant la Haute cour militaire le major Christian Kengakenga et le lieutenant Jacques Mugabo.

Ce procès rouvre avec les deux accusés condamnés à mort par contumace, autrefois, par la Cour militaire de la ville de Kinshasa pour assassinat par torture de Floribert Chebeya Bahizire dit « Flory« . Le directeur exécutif de la VSV aurait été exécuté par le major Christian Kengakenga, commandant du Bataillon « SIMBA » de l’Inspection générale de la Police nationale, sous le général John Numbi Tambo. Il en serait de même de son compagnon d’infortune Fidèle Bazana Edadi, chauffeur chargé du dispatching-courrier, qui aurait été exécuté, lui, par le lieutenant jacques Mugabo.

C’est la toute première fois que ces deux accusés, présentés comme des pièces-maîtresses du double-assassinat Chebeya-Bazana,  comparaissent en personne devant une juridiction, après leur fuite.

Mais, on n’attend rien d’eux, en termes de révélations sur le film de la scène macabre qui s’est déroulée un certain 1er juin 2010 dans les installations de l’Inspection générale de la Police nationale. D’autant que, dix ans après les faits, l’affaire est bien documentée et on en sait un peu plus sur ce qui s’est passé.

Une clarté davantage facilitée par les aveux depuis leur exil, faits lors de l’enquête de « RFI » de plus d’une dizaine de policiers anciens du Bataillon-SIMBA de John Numbi qui avaient pris part à la mise à mort des deux défenseurs des droits de l’homme et qui ont révélé avoir  enterré le corps de Bazana Edadi dans la ferme du général Zelwa Katanga Djadjidja dans le quartier Mitendi.

réouverture de l’instruction

C’est de là qu’est partie la réouverture de l’instruction préjuridictionnelle à la vitesse du son de l’Auditorat militaire près la Haute cour militaire qui a vite fixé l’affaire avec les prévenus présents dans la ville de Kinshasa après la fuite du général d’Armée John Numbi contre qui il a émis un Avis de recherche.

Devant la Haute Cour, les deux accusés, Kengakenga et Jacques Mugabo auxquels il faudra associer le général Zelwa Katanga Djadjidja, en détention préventive et qui n’a jamais été présenté devant une juridiction pour s’expliquer sur cette affaire en lien avec le corps de Bazana Edadi qui n’a pas de sépulture et dont la pauvre famille n’a jamais organisé son deuil, dix ans après les faits.

Retrouver le corps de Fidèle Bazana Edadi sera comme chercher une aiguille dans une botte de foin étant donné que la ferme du général Zelwa Katanga Djadjidja, supposé avoir enfoui le corps de Bazana Edadi, a depuis été loti et morcelé en plusieurs parcelles, avec des dizaines d’autres propriétaires.

On comprend, dès lors, la difficulté qu’a rencontrée sur place, lors de l’instruction préjuridictionnelle à l’Auditorat militaire près la Haute Cour, l’équipe d’enquêteurs, appuyée par les techniciens de la MONUSCO spécialistes des fosses communes.

Il sera alors difficile de prouver la culpabilité du général Zelwa Katanga Djadidja dès lors qu’on n’a pas découvert les restes de Bazana Edadi, cette ferme de Mitendi n’existant plus. Ce procès de Chebeya-Bazana, qui recommence à la Haute cour militaire avec Christian Kengakanga et Jacques Mugabo, avait déjà vu condamner à mort par contumace le même Christian Ngoy Kengakenga, Jacques Mugabo aussi à la peine capitale.

Il y a eu des peines de 20 ans de prison pour le colonel Daniel Mukalayi Wa Mateso, ancien chef des services spéciaux de la PNC, qui était présent à l’inspection générale de la Police le jour du double-assassinat, la Cour avait aussi condamné par défaut à 20 ans de prison le major Paul Mwilambwe qui était aussi en fuite à l’étranger et qui était le premier à faire des  révélations à partir de l’extérieur pour mettre en cause son ancien patron, John Numbi Banza Tambo comme l’ont fait les autres policiers dans l’enquête de presse de « RFI« . KANDOLO M.

Laisser un commentaire

Suivez-nous sur Twitter
eskort eskişehir - adana eskort - escort - izmit eskort - mersin eskort