Une pilule amère pour les gouverneurs civils !

* D’ores et déjà, la demande du Gouvernement approuvée lundi dernier à l’Assemblée nationale, sera examinée ce mercredi 1er septembre au Sénat.

Les gouverneurs du Nord-Kivu et de l’Ituri, doivent prendre leur mal en patience. L’état de siège proclamé dans ces deux provinces depuis le 30 avril denier, vient d’être prorogé pour la septième fois consécutive à la demande expresse du Gouvernement. Le projet de loi déjà voté à l’Assemblée nationale, le lundi 30 août dernier, a été transmis au Sénat qui l’examine à son tour ce mercredi 1er septembre.

S’exprimant lundi devant  la plénière de la Chambre, la Ministre d’État, ministre de la Justice et garde des sceaux, Rose Mutombo Kiese, a mis en exergue, le souci du Gouvernement de vouloir permettre aux Forces de défense et de sécurité, de poursuivre les opérations engagées dans les deux provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. S’ajoute à cela, la détermination du Gouvernement à concrétiser son engagement à pacifier l’ensemble de l’immense territoire national. Particulièrement la partie Est du pays, régulièrement le théâtre de violences et de massacres des populations civiles par plus d’une centaine de groupes armés, actifs dans les deux provinces.

Par ailleurs, la patronne de la Justice a attesté que cette nouvelle demande de prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, fait suite à la très récente tournée du Premier ministre dans les deux provinces. On rappelle que dans la seconde quinzaine du mois d’août dernier, Jean-Michel Sama Lukonde, à la tête d’une délégation gouvernementale composée de quelques ministres sectoriels, a conduit une mission humanitaire, d’abord à Bunia, capitale provinciale de l’Ituri, avant de boucler la boucle à Beni, deuxième ville du Nord-Kivu.

Ce périple donc permis au chef de l’Exécutif et à toute sa suite, de palper du doigt les réalités du terrain, en termes d’évaluation de l’état de siège. Non seulement en lien avec les problèmes qui affectent directement la vie des populations locales pendant ce régime d’exception, mais aussi et surtout, les difficultés éventuelles que pourraient éprouver les Forces de défense et de sécurité. Et, à l’aune des données récoltées sur place, accroître les capacités et les moyens d’actions indispensables à la poursuite des opérations militaires.

On rappelle que lors d’une visite en avril dernier à l’Elysée à Paris, Félix Tshisekedi avait demandé à son homologue français, Emmanuel Macron, l’aide de la France pour « éradiquer » les Forces démocratiques alliées (ADF) dans la région de Beni. A la même occasion, le successeur de Joseph Kabila avait décrit les ADF comme un groupe armé « à tendance islamiste, au discours islamiste et aux méthodes islamistes« . Quatre mois après, les Congolais sont en droit (légitime?) de savoir la suite réservée par l’Elysée à la demande de Kinshasa.

PILULE AMERE POUR LES DEUX GOUV CIVILS ?

« Lorsque des circonstances graves menacent d’une manière immédiate l’indépendance ou l’intégrité du territoire national ou qu’elles provoquent l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, le Président de la République proclame l’état d’urgence ou l’état de siège après concertation avec le Premier ministre et les Présidents des deux Chambres conformément aux articles 144 et 145 de la présente Constitution. Il en informe la nation par un message« , dispose la Constitution du 18 février en vigueur en RDC, dans les alinéas 1 et 2 de son article 85.

Cependant, ce régime d’exception qui va de prorogation en prorogation, semble s’installer très confortablement dans la durée, au point de donner l’impression au Congolais lambda qu’on était dans une situation normale. Entre-temps, les gouverneurs civils et leurs adjoints, régulièrement élus à la tête des deux provinces, voient leurs baux amputés de trois mois, à compter du 10 mai dernier, date de la remise et remise avec l’administration militaire.

Certes, les deux chefs d’Exécutifs provinciaux continuent à bénéficier de leurs salaires en tant que gouverneur. Mais au-delà de la rémunération, ils auraient bien voulu savourer tous les délices de leur fonction, suspendue depuis quatre mois. De ce point de vue, le renouvellement constant de la loi martiale  en Ituri et au Nord-Kivu, est une sorte de pilule très amère, que les gouverneurs de deux provinces concernées avalent très difficilement.

On rappelle que Carly Nzanzu Kasivita avait été élu gouverneur du Nord-Kivu le 30 mai 2019. Son homologue Jean Bamanisa Saïdi de l’Ituri, bien que rappelé depuis plusieurs mois à Kinshasa, fut porté à la tête de la province plus d’un mois plus tôt, soit le 10 avril 2019. A la suite de l’état de siège proclamé le 30 avril dans leurs provinces respectives, les deux ont été remplacés par les administrations militaires. Ainsi, le Lieutenant-général Constant Ndima Kongba remplaçait Carly Nzanzu au gouvernorat du Nord-Kivu. Pour sa part, Jean Bamanisa a été remplacé par le Lieutenant-général Johny Luboya N’Kashama.

La remise et remise entre les deux administrations (civile et militaire) avait eu lieu le 10 mai 2021. Reste à savoir si cette prorogation est la dernière. Sinon, vivement une évaluation rigoureuse avec tous les acteurs. En l’occurrence, les représentants des Associations et regroupements de la Société civile locale. Grevisse KABREL

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