Nord-Kivu et Ituri : Muyaya et Mutombo rassurent de la bonne marche de la justice

Rentrés à Kinshasa après la mission sécuritaire et humanitaire effectuée du 21 au 24 août dernier dans la suite du Premier ministre en Ituri et au Nord-Kivu pour évaluer les opérations militaires qui y sont menées depuis quatre mois, le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya et sa collègue de la Justice, Rose Mutombo, ont organisé un briefing avec la presse hier mardi 31 août pour éclairer l’opinion sur la situation judiciaire dans ces deux provinces sous état de siège.

Depuis plus de deux décennies, explique la ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Rose Mutombo, la partie Est de la République Démocratique du Congo, – particulièrement l’Ituri et le Nord-Kivu, – a connu des guerres, et il fallait imaginer une autre stratégie pour envisager le retour de la paix.

 » On a essayé de mettre toutes les stratégies possibles, ça n’a pas marché. C’est ce qui a poussé le Président de la République à décréter depuis le 3 mai, la mise sous état de siège de ces deux provinces« , a indiqué Rose Mutombo à la presse.

La Ministre de la Justice fait savoir qu’il y avait beaucoup de défis à relever sur terrain, et suite aux mesures d’applications qui ont été prises, il était tout à fait indiqué que la Justice, rendue jusque-là de manière classique, s’adapte à l’état d’exception.

 » Quand vous regardez l’ordonnance de la mise en œuvre de l’état de siège, en son article 6, on a demandé à ce que toutes les juridictions de droit commun puissent être désintéressées par les dossiers ayant trait aux infractions pénales « , explique la patronne de la Justice.

Et compte tenu des défis à relever qu’impose le fonctionnement de la Justice pendant cette période d’état de siège, la ministre d’Etat affirme avoir pris une circulaire demandant aux différentes juridictions d’être opérationnelles, notamment celles de droit commun.

« Comme nous ne savons pas le temps que doit prendre ces mesures prises par le chef de l’Etat pour finir avec cette longue guerre, j’avais trouvé utile de relancer ces juridictions« , a-t-elle fait savoir, ajoutant :  » Pour cela, il fallait, à travers la mission du Chef du Gouvernement Sama Lukonde, aller sur terrain pour voir si réellement la circulaire était fonctionnelle « , souligné.

En ce qui concerne la situation carcérale en Ituri et au Nord-Kivu, la ministre de la Justice reconnaît que ces prisons datent de l’époque coloniale. À ce jour, il y a surpopulation et c’est une réalité, et qu’à travers le programme du Gouvernement Sama Lukonde, certaines seront réhabilitées, d’autres, construites dans le seul but de permettre aux détenus de vivre dans des conditions humaines pour mieux purger leurs peines.

« Partant de la vision du Premier Ministre, il y a quatre mois depuis que nous sommes arrivés aux affaires, nous nous y attelons pour redorer cette image ternie depuis plus d’une décennie. Par rapport à l’alimentation et aux produits pharmaceutiques, j’étais à Bunia et j’ai trouvé un lot très important de médicaments. Effectivement avec notre gouvernement, je fais attention à ce dossier. Nos prisons seront régulièrement approvisionnées, il n’y aura plus ces problèmes « , a déclaré Rose Mutombo.

« En principe dans la vision de notre gouvernement, il faut construire de nouvelles prisons pour délocaliser certains détenus et les désengorger. C’est un processus que nous avons déjà déclenché et la prison de Luzumu dans le Kongo Central accueille déjà un bon nombre de prisonniers« , a-t-elle poursuivi.

 » L’état de siège n’est pas à la base de l’insécurité ET de morts « 

S’agissant des morts durant cette période de l’état de siège, le ministre de la Communication et des Médias a indiqué à l’auditoire  que cette situation dure depuis plus de vingt ans et que les morts sont comptés tous les jours.

« D’ailleurs, cette comptabilité macabre à laquelle s’affairent certaines officines nous rend encore plus triste. Lorsque nous étions à Beni et à Bunia avec toute la délégation, nous avions tenu d’aller voir les militaires et nous en avions une bonne dizaine entre autres, les blessés, les cassés et les amputés. Ils ont perdu des camarades, mais c’est une situation que nous n’avons pas créée. C’est une situation que nous avons trouvée et nous voulons la résoudre. Nous n’avons pas dit ici qu’à la proclamation de l’état de siège, toutes les violences s’arrêteraient. Nous avons à faire aux terroristes et ces derniers s’attaquent même aux hôpitaux. Nous tenons à mettre fin à cette forme de barbaries« , a souligné Patrick Muyaya. 

Le porte-parole du Gouvernement insiste : « Ici, je dois rappeler que ce n’est pas l’état de siège qui est à la base de l’insécurité ou des morts. C’est plutôt les groupes armés et les groupes terroristes qui sont à la base. En tant qu’Etat, nous venons pour arrêter cette situation. Sur instruction du Chef de l’Etat, tous les moyens sont mobilisés pour en finir avec cette guerre et restaurer la paix« .

Il ne s’arrête pas là. Toujours en rapport avec le retour de la paix dans cette partie du pays,  le ministre de la Communication et des Médias a profité de la tribune que lui offre ce briefing pour informer la population congolaise qu’il a eu une séance de travail, le lundi 30 août avec quelques membres du Congrès américain au sujet des forces spéciales qui sont venues en appui aux FARDC. Patrick Muyaya a plaidé pour une mobilisation plus grande autour de l’armée rd congolaise qui est sur le théâtre des opérations, faisant voir à ses hôtes que ces terroristes constituent une menace plus grande. 

4 000 démobilisés déjà enregistrés

« Pour nous, il n’y a que trois solutions, à savoir, les opérations militaires, la sensibilisation et la démobilisation. Aujourd’hui, les gens veulent se focaliser sur les morts qui nous touchent et nous préoccupent, mais regarder aussi que nous avons déjà enregistré quatre mille démobilisés qui sont nos compatriotes. Nous avons également les groupes terroristes étrangers tels que les ADF », a-t-il indiqué.

Quant aux rebelles et terroristes étrangers appréhendés lors des opérations des FARDC, les deux ministres ont rassuré que ces tueurs sont entre les mains de la justice congolaise et que leurs sorts seront connus au fil du temps.

Bouclant ce face-à-face avec les hommes des médias, le ministre Muyaya a rappelé qu’à la suite de l’ordonnance signée le 04 juillet dernier sur le programme de Désarment, Démobilisation, Relèvement communautaire et stabilisation (DDRC-S), les rebelles congolais seront formés et réinsérés dans la vie civile. Ils n’auront plus un lien avec les armes. Ils contribueront à plusieurs projets d’intérêt commun. Didier KEBONGO

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