Les négociations sur le Grand barrage de la renaissance éthiopienne vivement souhaitées

Pays emblématique du continent africain, l’Ethiopie est en train de se donner les moyens d’incarner  sa vocation africaine. La construction du Grand barrage de la renaissance sur le Nil  entre dans cette logique. La relance des représentations diplomatiques en hibernation dans certaines capitales est aussi à situer dans cette optique panafricaniste. A Kinshasa, gâchette du revolver dont parlait Frantz Fanon, Addis-Abeba dispose  de nouveau  d’une chancellerie. Pour animer cette ambassade, une diplomate dont le pedigree renseigne sur son expertise et son expérience. Loin de la diplomatie de l’affichage, l’ambassadrice de la République fédérale démocratique d’Ethiopie entend œuvrer à l’approfondissement  des relations entre son pays et la RDC. Gros plan sur le Grand barrage de la renaissance et sur le réchauffement des relations diplomatiques à la faveur de la réouverture de l’ambassade d’Ethiopie à Kinshasa.  

     En construction en Ethiopie sur le Nil bleu,  le Grand  barrage de la renaissance (GERD)  devrait être le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique de par sa puissance installée de 5150MW. En un mot comme en mille, une fois réalisé, le GERD deviendra l’un des projets continentaux devant faciliter l’unification et l’intégration régionale.

D’où la nécessité de la reprise des négociations entre les trois parties concernées à savoir, l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan  en mettant au cœur desdites négociations «la dimension humaine» comme l’avait souhaité de tous les vœux le Président de la RDC, Félix Tshisekedi et Président en exercice de l’Union africaine lors des dernières  négociations à Kinshasa .

Contrairement à certaines allégations, outre l’Egypte, l’Ethiopie et le Soudan, ce méga-barrage profitera aux pays en aval. Des milliers de personnes sur le continent tireront bénéfice de ce méga-projet. Le Nil a un énorme potentiel pour devenir un fleuve de coopération et d’intégration économiques régionale.  Le GERD améliorera la disponibilité énergétique de l’Éthiopie, et régulera le débit d’eau qui améliorera la gestion de l’eau pour l’irrigation et d’autres utilisations de l’eau en Égypte et au Soudan.

Plaque tournante africaine, l’Ethiopie a hâte de se développer. C’est ainsi qu’Addis-Abebail tient à ce projet unificateur pour booster non seulement son économie mais également l’économie de la région. D’où son engagement de faire preuve de flexibilité dans les négociations afin de renforcer la coopération et de mettre en place un mécanisme régional à l’échelle du bassin.  

Impact du projet sur le continent

C’est fort de l’impact dudit projet sur le continent que le président de la RDC, Félix Tshisekedi et Président en exercice de l’Union africaine avait joué à la médiation entre les trois parties. Il avait mis autour d’une table dans la capitale Kinshasa les délégués éthiopiens, egyptiens et soudanais autour de cette question de portée africaine.

Le premier remplissage du GERD peine à se réaliser. Le désaccord entre les trois pays concernés persiste. Le principe V de la Déclaration de Principes signée par les dirigeants des trois Etats, «s’accorde sur des lignes directrices et des règles sur le premier remplissage qui couvre tous les différents scénarios, en parallèle avec la construction du GERD». 

Les trois protagonistes devraient revenir au bon sens et aux bons sentiments  pour poursuivre les négociations sur les lignes directrices et les règles sur le premier remplissage afin de parvenir à un accord mutuellement avantageux, sous les auspices de l’UA.

Pays symbolique, l’Ethiopie veut booster ses relations diplomatiques gelées il ya quelques années avec certains pays notamment à cause des contraintes financières. C’est le cas avec la République démocratique du Congo avec laquelle elle vient de booster les rapports en ouvrant sa représentation diplomatique. La relance de ces relations a connu son point d’orgue avec  la nomination de Woinshet Tadesse  comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en République démocratique du Congo (RDC) en juillet dernier.

Titulaire d’un baccalauréat de la faculté des sciences sociales de l’Université d’Addis-Abeba et d’une maîtrise ès sciences en études du développement (avec distinction) de l’Université nationale d’Irlande, l’ambassadrice Woinshet ne vient pas de nulle part. Elle a occupé plusieurs fonctions au ministère des Affaires étrangères de son pays pendant plus de vingt ans.Elle a été Secrétaire permanent pour l’Afrique et le Moyen-Orient de janvier 2019 à mai 2021, Représentant permanent de l’Éthiopie auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, décembre 2018, et l’ambassadeur d’Éthiopie auprès de Suède et autres pays nordiques de novembre 2013 à octobre 2017.

Bonnes relations entre l’Ethiopie et la rdc

Les bonnes relations entre l’Ethiopie et la RDC datent des années 1960. L’Ethiopie a été aux côtés de la RDC notamment dans le cadre des missions du maintien de la paix  et sur le plan économique. Un autre exemple des relations historiques entre Kinshasa et Addis-Abeba est à trouver dans  les noms Saïo et Gambela, des villages éthiopiens dans la commune de Kasa-Vubu.  Dina BUHAKE

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