La marche de Lamuka s’invite à la rentrée parlementaire

C’est aujourd’hui mercredi 15 septembre qu’a lieu la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale et au Sénat. Comme on le sait, la session qui s’ouvre est essentiellement budgétaire. Mais cette fois, cette rentrée se fait sur fond de la marche pacifique de LAMUKA de Martin Fayulu Madidi et d’Adolphe Muzito, Coordonnateur en exercice de cette plateforme.

L’objectif de la marche annoncée est d’exiger la dépolitisation de la CENI et la libération de la procédure de désignation de son président par consensus à travers les huit confessions religieuses. Sans interférence, bien sûr, du pouvoir de Félix Tshisekedi.

La manifestation, on l’a appris, est interdite sur toute l’étendue de la capitale. Gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila Mbaka, l’a renvoyée au vendredi 17 septembre.  Mais, les porte-étendards de la coalition LAMUKA persistent et maintiennent la marche pacifique pour ce mercredi sur toute l’étendue du territoire national.

PPRD, NOGEC…

dans la danse

Les initiateurs de ce mouvement de protestation s’en tiennent, en effet, à la disposition de la Constitution du 16 février 2006, qui consacre le régime d’information et non d’autorisation pour les manifestations publiques. Voilà pourquoi, ils préfèrent passer outre.

Selon toute vraisemblance, ils bénéficient déjà du soutien de plusieurs partis politiques. A l’instar du PPRD de Joseph Kabila et du NOGEC de Constant Mutamba qui a également annoncé qu’il sera dans la rue.

L’indignation de l’ASADHO

Parallèlement, d’autres organisations de la Société civile ont de même promis qu’elles seront de la partie. D’une même voix, elles qualifient d’illégale l’interdiction de cette marche pacifique par l’Hôtel de ville de Kinshasa.

A la Société civile, Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO (Association africaine de défense des droits de l’homme), est monté récemment au créneau pour fustiger l’interdiction de la marche de LAMUKA.

Le numéro un de cette ONG de défense des droits de l’homme s’étonne, par exemple, d’apprendre que, le week-end dernier, le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, a tenu un meeting de son parti, sans être inquiété le moins du monde par l’autorité publique.

Pas de gestes barrières au Parlement debout

Et ce n’est pas tout. Jean-Claude Katende martèle que, chaque jour qui passe, il retrouve toujours sur son chemin un rassemblement ou une harangue de la base  devant le siège de l’UDPS, sis 11ème rue Limete. Curieusement, c’est, sans le moins du monde, ‘‘l’observance stricte des gestes-barrières qu’on veut imposer aux partis politiques de l’Opposition’’.

C’est là où ce défenseur des droits de l’homme condamne avec la dernière énergie ‘‘la politique des deux poids, deux mesures’’ concernant l’organisation des manifestations publiques. Au regard de l’interdiction de cette manifestation pacifique de LAMUKA avec, dans sa réplique, le renvoi à la Constitution, on se croirait sous Kimbuta Yango André, le gouverneur honoraire de la ville, sous le règne de Joseph Kabila.

En effet, jusqu’à la fin de la 2ème législature, au crépuscule de 2018, LAMUKA de Martin Fayulu Madidi n’existait pas encore, mais bien l’UDPS du Lider Maximo. A ce propos, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, opposait une fin de non-recevoir aux interdictions de ses marches pacifiques, en recourant à la même disposition de la Constitution.

Curieusement, aujourd’hui, c’est l’UDPS – au pouvoir par Félix Antoine Tshisekedi, le fils du Sphinx de la 12ème rue Limete – qui agit exactement comme ses prédécesseurs, avec des interdictions des marches pacifiques.

Une session plus politique que budgétaire

Il va donc sans dire que cette session de septembre, traditionnellement budgétaire, sera dominée par des matières politiques. Comme par exemple, ce dossier de la désignation des membres du bureau de la Centrale électorale, qui est toujours dans une impasse. Il y a aussi les réformes électorales qu’attendent nombre de Congolais.

Parmi ces réformes, la Loi électorale, la loi sur la Cour constitutionnelle et la loi-Lutundula sur la CENI qui pourrait être revue en cas de dialogue politique. Toutefois, côté Union sacrée qui détient la majorité parlementaire, à commencer par l’UDPS, on ne veut entendre parler ni des réformes ni d’un quelconque dialogue. Blocage total.

Ce qui laisse penser que le Parlement, en majorité Union sacrée, ne programmera aucune proposition de loi de réforme électorale. KANDOLO M

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