Etat de siège en Ituri et au Nord-Kivu : bilan mitigé, selon la Monusco

En ce jeudi 30 septembre où les finalistes des humanités attendent la proclamation des résultats d’examen d’Etat, un tout autre verdict est tombé hier. C’est celui de la Monusco en rapport avec l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu. Pour la mission onusienne, le bilan de ce régime d’exception dans l’Est est mitigé. La sentence de la Monusco à ce moment où les Congolais eux-mêmes se posent mille et une questions non pas sur la nécessité de l’état de siège, mais sur son efficacité. En témoignent les auditions des officiels dans les deux chambres du Parlement. Que faire ? Faut-il requalifier l’état de siège, voire changer de doctrine face à la nébuleuse islamiste, rompue dans la guerre asymétrique ? Faut-il imaginer une réponse régionale qui verrait les FARDC, la Monusco, les armées de la sous-région et même de la SADC coaliser en vue d’éradiquer ces forces terroristes ? Autant de questions qu’inspire la situation dans le Nord-Kivu  et l’Ituri où l’état de siège entre dans son 5ème mois. C’est-à-dire un provisoire qui dure.

Quatre mois après l’entrée en vigueur  de l’état de siège décrété dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu par le Chef de l’Etat,  la MONUSCO  parle des  résultats  mitigés. Le Directeur du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme Abdoul Aziz Thioye a au cours de la conférence de presse des Nations Unies d’hier mercredi  29 septembre,  reconnu que des résultats ont été accomplis, mais plusieurs défis restent encore à relever. 

  »  Il faut reconnaitre que l’état de siège a permis les redditions d’un grand nombre de combattants.  Je vous ai démontré plusieurs fois ici  le changement du mode opératoire des ADF à chaque fois que les opérations sont menées pour les neutraliser. A chaque fois que les opérations militaires sont menées par les forces de défense et de sécurité congolaise avec le soutien de la MONUSCO, pour les neutraliser, ce groupe crée ce qu’on appelle un système de dispersion : un groupuscule qui bouge dans un axe qui va vers le nord ou de façon perpendiculaire est-ouest « , a fait remarquer Abdoul Aziz.

C’est, ce qui pose des problèmes  sérieux aux forces de sécurité et de défense qui sont censées les neutraliser, a-t-il soutenu.  »  Mais la nature de la menace est tellement complexe qu’ils ne peuvent pas être partout en même temps et à la fois « , a-t-il reconnu.

Pour ce haut-fonctionnaire des Nations-Unies,  les ADF sont en train, petit à petit, de se coaliser avec les communautés locales qu’ils tentent d’opposer aux autres. « C’est un mode opératoire qui est fait à dessein, a commenté Abdoul Aziz Thioye.

A l’entendre, l’idée est beaucoup plus probablement de créer des tensions entre différentes communautés. Ce qui va permettre d’étendre davantage la zone affectée par la violence et les tensions, contrairement à ce qu’on avait avant.

 » Mais, je devrais dire effectivement que si on regarde le Nord-Kivu, le Petit Nord, il y a des améliorations de ce côté-là « ,  a-t-il noté. L’équation fondamentale aujourd’hui qui se pose concerne les ADF et leur mobilité qui affectent aujourd’hui l’Ituri et le Grand Nord. Et effectivement les résidus de la CODECO qui restent très actifs du côté de Djugu où effectivement les opérations militaires ont quand même pour permettre d’ouvrir des points de passage assez importants, de manière à garantir la mobilité de ce côté-là, a indiqué le numéro 1 de BCNUDH.

Pour sa part, le porte parole de la mission onusienne Mathias Gillmann a indiqué  qu’il y a un cycle de violence qu’il faut briser entre l’intensification des opérations militaires contre les groupes armés et les représailles que ces groupes armés  intensifient aussi de leur côté sur les populations civiles. Donc on est dans une phase difficile  de la lutte contre les groupes armés.

 » Nous continuons à soutenir les FARDC dans leurs opérations y compris à travers les opérations conjointes. Ces opérations conjointes sont nécessaires. Il faut s’attaquer à ces groupes armés d’une manière forte, avec une pression militaire maximale. Et il faut aussi accompagner ce travail par s’attaquer aux causes profondes des conflits et faciliter le dialogue communautaire pour éviter que des milices communautaires également ne soient ensuite mêlées à des exactions sur des populations civiles « , a-t-il évoqué.

Donc,  » nous sommes dans une situation qui est évidemment difficile. Mais, l’armée congolaise est mobilisée et nous sommes à leurs côtés pour tenter d’y trouver des solutions « , a conclu le porte-parole de la MONUSCO. Mathy Musau

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