Enfin, Sama Lukonde et Bintou Keita signent un plan de sortie échelonnée de la Monusco !

*Signé le mercredi 15 septembre à la Primature, le document sera transmis au Conseil de sécurité de l’ONU pour un ultime accord.

Le Premier ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, et Bintou Keita, la cheffe de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), ont signé un Plan de transition pour la sortie échelonnée de cette mission onusienne, considérée comme la plus grande en Afrique, si pas dans le monde. La cérémonie de signature s’est déroulée le mercredi 15 septembre à la Primature. Ce Plan de transition est la conclusion d’un long travail qui a commencé le 5 juillet entre les deux partenaires, à savoir: la Monusco et le Gouvernement congolais.

« Je suis ici avec toute une équipe. Nous avons rencontré son Excellence Monsieur le Premier ministre afin de conclure  le travail qui nous a tous occupés depuis l’établissement du groupe de travail conjoint le 5 juillet dernier, pour signer le Plan de transition de la Monusco« , s’est exprimé à la presse la Représentante du Secrétaire général des Nations unies en RDC, qui conduisait une délégation onusienne.

Et d’ajouter qu’en le signant, « ce plan soit formellement transmis au Conseil de sécurité des Nations unies » pour qu’une fois discuté au sein du Conseil, que ce document soit retourné en RDC avec toutes les appréciations des membres du Conseil de sécurité.

La cheffe de la Monusco a, par ailleurs, indiqué que les deux partenaires avaient eu des discussions, des échanges et de vrais dialogues sous le leadership de David Mclachlan-karr et de toute l’équipe, à la fois des agences, fonds et programmes et de la mission de la Monusco.

Bintou Keita a précisé que le document signé le mercredi dernier donnait des indicateurs clairs sur le retrait échelonné de la mission onusienne de la République démocratique du Congo.

PLAN JUSQU’EN 2024

« Ce document contient 18 jalons et beaucoup d’indicateurs qui expliquent comment le travail doit être fait, donc mis en œuvre pour qu’à un moment donné, la mission qui s’appelle Monusco puisse partir de façon graduelle, responsable et durable de la République démocratique du Congo« , a indiqué la successeuse de l’Algérienne Leila Zerougui, aux commandes de la Monusco depuis février 2021.

Pour la partie gouvernementale, par la voix de son ministre du Plan Christian Mwando, ce Plan devra s’étendre jusqu’en 2024. Il contient, non seulement les étapes qui devront être franchies en termes de violences dans l’Est du pays, mais également les obligations du Gouvernement congolais et de la Monusco.

LA PHASE D’EXECUTION

« Vous savez que, depuis un certain temps, le Chef de l’État nous avait donné la mission de finaliser avec la Monusco, le Plan de transition pour la sortie échelonnée et durable de la Monusco de la RDC. Donc, nous nous sommes mis d’accord entre les deux parties et nous avons fait un plan jusqu’à l’horizon 2024« .

Il a précisé que ce plan met en exergue les obligations du Gouvernement congolais et de la Monusco et qu’il donne également les étapes à franchir en termes de fin des violences, particulièrement dans l’Est, de la protection de la population, de la stabilisation communautaire, du désarmement et de la réinsertion

« Nous avons mis ensemble ces idées. Nous nous sommes mis d’accord sur des étapes à franchir, et c’est cet accord-là qui a été formalisé aujourd’hui entre les deux parties. Il va rester maintenant l’étape de l’exécution sur laquelle nous allons encore nous mettre d’accord à partir du moment où nous aurons l’accord final du Conseil de sécurité« , a conclu Christian Mwando Nsimba, cité par un communiqué de presse de la Cellule de communication de la Primature.

DE LA MONUC A LA MONUSCO

On rappelle que la réunion de signature dudit Plan s’est tenue en présence du  ministre d’Etat au Plan, du vice-ministre des Affaires étrangères et de la délégation de la Monusco.

Pour la petite histoire, la Mission de l’Organisation des Nations unies au Congo (Monuc), devenue la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation du Congo (Monusco) le 1er juillet 2010, fut créée par la résolution du Conseil de sécurité n° 1279 du 30 novembre 1999.

Elle a été instaurée afin d’élaborer des plans en vue de l’observation du cessez-le-feu de Lusaka signé en juillet 1999 entre la RDC et cinq États de la région (Angola, Namibie, Ouganda, Rwanda et Zimbabwe), et du désengagement des forces, et de maintenir la liaison avec toutes les parties à l´accord.

Au fil des années, elle est passée de la Monuc à la Monusco. C’est dans la Résolution 2409 prorogeant le mandat de la Monusco jusqu’au 31 mars 2019 que le Conseil de sécurité a prié, pour la première fois, le Secrétaire général des Nations unies d’élaborer une stratégie de retrait échelonnée, progressive et exhaustive.

Cette démarche a été menée en collaboration avec le Gouvernement de la République démocratique du Congo, l’équipe de pays des Nations unies et les autres parties prenantes concernées, de manière à favoriser la prise en main par le pays et à transférer progressivement les tâches aux fins d’un retrait ordonné de la Monusco.

La Mission onusienne va connaître, durant  plus deux décennies de mission en RDC, plusieurs prorogations, la dernière étant celle 2556 jusqu’au 20 décembre 2021, et  au total 53 résolutions votes par le Conseil de sécurité.             Kléber KUNGU

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