Zambie-RDC : déploiement imminent de l’équipe mixte de bornage de frontières

La guerre de limites de frontières entre la Zambie et la RDC poursuit son bonhomme de chemin. A ce jour, des sources renseignent que plusieurs parties du territoire congolais sont sous occupation des forces zambiennes qui y prélèvent même illégalement l’impôt sous la barbe des autorités congolaises.

En l’absence des bornes-frontières humides et terrestres, il est impossible de déterminer de quel côté de ces deux pays voisins on se trouve. Raison pour laquelle  Lusaka et Kinshasa ont été bien inspirés en décidant de  mettre sur pied une équipe mixte de techniciens dont la mission sera de procéder à la pose des bornes-frontières sur les deux lacs Moero et Tanganyika qui posent problème en matière de délimitation.

On apprend de sources zambiennes que la constitution de cette équipe mixte est imminente. Toujours du côté de la Zambie, on a entendu de la bouche de ses soldats qui occupent les localités congolaises, avouer qu’aussitôt le bornage  effectué, ils quitteront leurs positions pour les laisser à l’armée congolaise.

On rappelle qu’en 1989 sous le Zaïre du maréchal Mobutu, après des réunions au niveau des Commissions mixtes, un mémorandum avait été signé entre les deux pays qui reconnaissaient sans ambiguïté que la partie querellée aujourd’hui sur les lacs Moero et Tanganyika, est bien indiscutablement du côté de la RDC et n’a jamais été l’objet d’aucune contestation pendant le long règne de Kenneth Kaunda, père de l’indépendance zambienne.

Même avec tous ceux lui ont succédé y compris Fréderic Chiluba, médiateur de l’ONU qui a négocié en 1999 l’Accord de cessez-le-feu- de Lusaka entre la RDC sous M’Zee Laurent-Désiré Kabila, l’Angola, le Zimbabwe, la Namibie, le Rwanda, l’Ouganda, le RCD et le MLC pour mettre fin à la guerre d’occupation qui ruinait le pays. Il n’y a jamais été question de bornage de frontières ni sur le lac-Moero ni sur le Tanganyika. Il a fallu attendre l’avènement d’Edgar Lungu au sommet de l’Etat zambien, pour voir les soldats de son pays occuper des localités entières sur le territoire congolais, sous prétexte de l’absence de bornes-frontières.

Mais la question que l’on pourrait poser à la Zambie est celle de savoir à quoi s’est-elle référée pour fixer ses positions actuelles quand on sait qu’il n’y a aucune délimitation sur les deux lacs. C’est la même difficulté que rencontre la RDC avec l’Ouganda sur la frontière humide du lac Edouard où il n’y a pas de bornes-frontières.

Mais la marine ougandaise lourdement armée se déploie quotidiennement sur les eaux de la RDC où elle arrête des pécheurs congolais en saisissant leurs pirogues, avant de les placer en détention illégale en Ouganda, en conditionnant leur libération à de lourdes amendes transactionnelles. Pourtant, partout en Afrique où certains Etats voisins ont eu à avoir inutilement des difficultés de délimitation de frontières héritées de la colonisation, les tribus frontalières de part et d’autre, maîtrisent bien les limites  même sans bornes-frontières.

Ces tribus constituent, dès lors, des archives sur les frontières grâce à la banque de données transmises par leurs aïeux depuis quelque 60 ans d’indépendance, le premier le Ghana en 1957 et le deuxième la Guinée-Conakry en 1959. Lorsque la Libye sous Kadhafi a occupé dans les années 80 la bande d’Aouzou au Nord à la frontière entre le Tchad et la Libye, les tribus continuant à affirmer que cette bande est sur le territoire tchadien. C’est exactement le cas avec l’armée zambienne qui occupe des pans entiers du territoire congolais.                        KANDOLO M.

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