Les profs Mabiala Mantuba et Elikya Mbokolo créent la plateforme «Bokundoli»

Un groupe d’historiens congolais, dont les Profs Pamphile Mabiala Mantuba et Elikia Mbokolo, en collaboration avec Investing in people (IIP) et Coopération Education Culture (CEC), vient de créer une plateforme dénommée «Bokundoli», traduite littéralement en «Exhumation». Le lancement officiel de ce projet a eu lieu le lundi 28 juin dernier à Kinshasa, sous le thème : «L’histoire au service de la citoyenneté africaine  et congolaise».  

Pour le prof Pamphile Mabiala, Directeur général de l’Institut pour la démocratie et le leadership politique, ce projet d’importance capitale, ouvre la voie aux Journées d’histoires prévues au mois d’octobre prochain. «Bokundoli est une plateforme créée pour améliorer l’enseignement du cours d’Histoire en RD Congo et faire en sorte que l’Enseignant, l’étudiant et le public scientifique de la RD Congo puisse accéder à la bonne information, telle que prévue dans le manuel d’Histoire générale de l’Afrique pour que les Africains aient une conscience historique avérée et que, finalement, ils aient des références sur leur passé commun», a-t-il fait savoir.

En ce qui concerne les Journées d’histoires annoncées dans les jours à venir, le numéro 1 de l’Institut pour la démocratie et le leadership politique, a précisé que celles-ci auront pour objectif de refixer la façon de réécrire l’histoire de l’Afrique en général et celle de la Rd Congo en particulier.

Pour sa part, Mme Claudia Maraite, Représentante de CEC, a estimé que ce nouveau projet vient à point nommé, pallier le vrai problème de manque de manuel d’Histoire auquel sont confrontés l’enseignant et l’apprenant congolais. «Bokundoli est un programme numérique destiné aux enseignants qui vont transmettre aux élèves des modules du cours d’Histoire et c’est un module qui a été préparé par des historiens congolais sur l’histoire de l’Afrique et de La RD Congo», a-t-elle expliqué.

De son côté, M. Edgard Bal’Mayel, Inspecteur général adjoint de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), s’est réjoui du fait que des Profs congolais et non d’ailleurs, aient pris l’initiative d’éditer des manuels d’histoire de leur pays. «Je suis historien de formation et ce projet est porté par des historiens. Ensuite, ce projet a une forte portée pédagogique, parce que le grand problème de notre système éducatif et le manque de manuel», a déclaré cet enseignant assis.

TRISTE CONSTAT

Le constat est plus qu’alarmant dans les établissements congolais d’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), où les filières des sciences humaines sont menacées de disparition, faute de vocations. Cas des départements de Français et d’Histoire où les effectifs ont très sensiblement baissé depuis des années dans les Facultés et Départements de lettres des Universités et Instituts supérieurs pédagogiques (ISP).

C’est donc face à ce péril lent et certain de la filière d’Histoire, que  les Profs Mantuba Mabiala, Elikya Mbokolo ainsi qu’un groupe d’autres historiens congolais, n’entendent pas assister impuissants à cette situation, ô combien inquiétante. «Bokundoli» vient donc en réponse pour, tant soit peu, combler le vide et perpétuer l’histoire de la RD Congo.

«Les peuples qui ne réfléchissent pas sur leur passé sont condamnés à le revivre», avait dit en son temps, le célèbre philosophe américain, Gorge Santayana, dans son ouvrage intitulé «Une vie de raison» en 1905. Cette citation est reprise autrement par Winston Churchill qui avait dit : «le plus loin vous pourrez regarder dans le passé et le plus loin vous vous verrez dans l’avenir».

Dans la même veine, Karl Marx a dit : «L’histoire se répète toujours deux fois, la première comme une tragédie, la seconde comme une farce». C’est donc cette «tragédie» que vit la filière Histoire dans les établissements d’Enseignement supérieur et universitaire congolais, censés perpétuer le passé du pays. Hélas! Il se fait qu’à ce jour,  ce domaine n’intéresse plus grand monde et ne suscite presque plus de vocation des milliers de jeunes congolais, admis dans les Universités et instituts supérieurs à vocation pédagogique.

Dans un monde en perpétuelle évolution, bouleversé par les outils de la Nouvelle technologie de l’information  et de la communication, nombreux sont donc des jeunes congolais, finalistes des humanités, qui s’auto-orientent vers de nouvelles filières, considérées comme les sciences modernes ou de la vie.

Ainsi, face à la demande de plus en plus en baisse dans les options traditionnelles et pour leur survie, certains Instituts supérieurs pédagogiques en RD Congo, ont été mués en Universités, en y ouvrant des filières autrefois réservées aux Universités et Instituts supérieurs techniques.

Par ailleurs, les ISP qui ont gardé leurs statuts, ont également recouru à la même recette, sous peine de fermeture. Ce qui explique les options telles que le Secrétariat de direction, les Sciences commerciales et administratives, le Marketing, la Communication des organisations…détournant ainsi les étudiants de leurs vocations de futurs enseignants des études secondaires et des humanités. Pourtant, il existe des établissements de l’ESU dont l’objet social est la formation des techniciens des domaines cités ci-dessus. Vu de certains experts du domaine de l’Enseignement, cette pratique est perçue comme une sorte d’escroquerie pédagogique.

Grevisse KABREL

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