Le cardinal Monsengwo, un grand homme s’en est allé

*Evacué le lundi 5 juillet pour des soins en France, l’archevêque émérite de Kinshasa est décédé à Versailles à l’âge de 81 ans.

Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque émérite de Kinshasa, est mort hier dimanche 11 juillet à l’âge de 81 ans, à Versailles en région parisienne, où il venait d’arriver depuis le 6 juillet pour des soins. Ordonné évêque en 1980 des mains du pape Jean-Paul II, cette voix forte, proche du pape François, a inlassablement lutté pour la paix en République démocratique du Congo. C’est donc un témoin et acteur clé de l’histoire contemporaine du Congo qui s’est éteint. Un baobab qui est tombé.

Jusqu’hier, il était encore très tôt pour l’Archevêché de Kinshasa, d’annoncer le programme des obsèques. Notamment, le jour précis du rapatriement de la dépouille de ce grand Esprit. Entretemps, un communiqué nécrologique signé par l’abbé chancelier Georges Njila, invite tous les fidèles de l’Eglise catholique romaine en RD Congo ainsi tous les hommes de bonne volonté à une union de prière pour le repos éternel de ce grand leader religieux.

L’HOMME ET SON PARCOURS

Ecrire en une page, la vie du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, n’est pas un exercice facile, tant l’homme a tout été de son vivant. Cardinal, Archevêque émérite de Kinshasa, Archevêque émérite de Kisangani, Professeur des Universités, polyglotte, premier exégète africain, Président honoraire du Haut conseil de la République-Parlement de Transition (HCR-PT), le cardinal Laurent-Monsengwo l’aura été. 

Né le 7 octobre 1939 à Mongobelé, village situé dans l’actuelle province du Maïndombe, issue du démembrement de l’ex-province du Bandundu, Laurent Monsengwo est docteur en Écritures Saintes et professeur de théologie. Archevêque de Kisangani en 1988, il est nommé à Kinshasa en 2007 et créé cardinal en 2010. Il se retire de sa charge épiscopale en 2018.

Après ses études primaires à Nioki et secondaires au petit séminaire de Bokoro, Laurent Monsengwo intègre le Grand séminaire de Kabwe où il suit le cycle de philosophie avant de partir pour Rome suivre à l’Université pontificale urbanienne le cycle de théologie. Il est ordonné prêtre le 21 décembre 1963 pour le diocèse d’Inongo par le cardinal Agagianian, préfet de la Congrégation pour la propagation de la foi.

Il poursuit ses études à Rome et en 1970, il est le premier Africain à obtenir un doctorat en Écritures saintes à l’Institut biblique pontifical de Rome, avec une thèse préparée sous la direction d’Ignace de La Potterie, ayant pour sujet La notion du « Nomos » dans le Pentateuque grec.

PROFESSEUR DES UNIVERSISTES

De retour au Zaïre – il occupe différents postes de professeur de Théologie aux Facultés catholiques de Kinshasa (aujourd’hui Université catholique du Congo) et dans plusieurs séminaires, notamment Jean XXIII à Kinshasa.

De 1976 à 1980, il est secrétaire général de la Conférence épiscopale du Zaïre (CEZ), actuellement Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Le 13 février 1980 il est nommé évêque auxiliaire d’Inongo. Il reçoit la consécration épiscopale le 4 mai suivant, des mains mêmes du pape Jean-Paul II. Dès le 7 avril 1981, il est transféré à Kisangani, toujours comme évêque auxiliaire.

En 1984, il est élu président de la Conférence épiscopale du Zaïre, poste qu’il conserve jusqu’en 1992. En 1987, il est également élu membre du Conseil du secrétariat général du synode des évêques, poste auquel il est réélu en 1990 et en 2001.

ACTEUR MAJEUR DU COMBAT CONTRE LA DICTATURE

Le 1er septembre 1988, il est promu archevêque de Kisangani. À ce poste, il s’impose comme l’un des acteurs politiques majeurs de la période de retour à la démocratie qui a suivi le régime du dictateur Mobutu. Ainsi en 1991, il devient président du Bureau de la Conférence nationale souveraine puis, de 1992 à 1996, du Haut conseil de la République, érigé en parlement de transition (HCR-PT) en 1994.

En 1997, après en avoir été premier vice-président pendant trois ans, il est élu président du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), poste qu’il conserve jusqu’en 2003.

En 2002, il devient vice-président de Pax Christi international et, en 2004, il est élu président de la Conférence épiscopale nationale du Congo. À la suite de cette désignation, face aux rumeurs l’annonçant candidat à l’élection présidentielle, il déclare lors d’un point presse,  » Je n’envie pas le pouvoir politique.., si je le voulais, je l’aurais pris en 1997, avec la chute de Mobutu, mais je ne l’ai pas fait, car mon pouvoir ecclésiastique est mille fois supérieur au pouvoir politique ».

Le 6 décembre 2007, Benoît XVI le transfère au siège métropolitain de Kinshasa. Le pape François accepte sa démission de cet office le 1er novembre 2018. Il est alors âgé de 79 ans.

MONSENGWO CARDINAL

Il est créé cardinal par Benoît XVI au consistoire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria « Regina Pacis » in Ostia mare. Il participe au conclave de 2013 qui élit le pape François. Le 13 avril 2013, le nouveau pape constitue un groupe de huit prélats issus de tous les continents, chargés de l’épauler dans la réforme de la Curie romaine et la révision de la constitution apostolique Pastor Bonus. Pour l’Afrique, c’est le cardinal Monsengwo qui est choisi.

Le 9 septembre 2014, il est nommé par François Père synodal pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du 5 au 19 octobre en qualité de membre du conseil ordinaire du synode des évêques. Hostile au régime de Joseph Kabila, le cardinal se joint aux efforts pour convaincre le président de quitter le pouvoir en 2018. Au cours de la 27e réunion, il est annoncé qu’il n’est pas renouvelé dans ses fonctions de membre pour raison d’âge.

Laurent Monsengwo Pasinya meurt à Paris le 11 juillet 2021 à 81 ans, six jours après avoir été évacué dans un « état critique« . Grevisse KABREL

Modeste Bahati, Sama Lukonde, Patrick Muyaya… saluent la mémoire d’un baobab

11 juillet 2021-Les réactions fusent de partout après le décès ce dimanche 11 juillet du cardinal Monsengwo Pasinya à Paris de suite d’une maladie. Sur toile, quelques personnalités n’ont pas tardé de réagir. C’est le cas du Vice premier ministre en charge de l’environnement, Eve Bazaïba qui soutient que Monsengwo était un défenseur acharné des intérêts de l’Eglise et du peuple congolais. 

«Immense perte pour notre pays. Le cardinal Laurent Monsengwo était une bibliothèque socio-politique, un scientifique de haute facture, un prélat dévoué, un défenseur acharné des intérêts de l’Eglise et du peuple Congolais. Merci pour tous vos conseils et orientations», a-t-elle dit.

C’est un grand baobab qui s’écroule, une énorme perte pour l’Eglise universelle, le monde scientifique, la RDC, le peuple de Dieu et la CENCO avec le décès de Laurent Cardinal Monsengwo. Nous avons cheminé ensemble depuis la CNS… (Bahati Lukwebo, président du sénat).

Je suis atterré par le décès de son Éminence Laurent Cardinal Monsengwo. Une perte énorme pour la RDC. Il était le ciment de la cohésion nationale. Merci à Dieu pour tout ce qu’il a fait pour notre pays. Que son âme repose en paix. Mes condoléances à tous les Congolais. (Martin Fayulu)

Pour Marie Ange Mushobekwa, le cardinal a marqué une partie de l’histoire de la République démocratique du Congo.

«Triste d’apprendre le décès du Cardinal Laurent Monsengwo ce dimanche à Paris. Ce grand Prince de l’Église Catholique, mon Église, qui a marqué une partie de l’histoire de notre pays RDC. Paix éternelle à Tata Cardinal», a dit la ministre honoraire des droits humains.

Ministre de la communication et médias, Patrick Muyaya souligne que Monsengwo était dans tous les combats de ces décennies.

«Il était de tous les combats de ces dernières décennies, il a marqué de son empreinte notre histoire, celle de l’Afrique et du monde. La République perd une de ses boussoles, un digne fils. Toutes nos condoléances à sa famille biologique et à l’église catholique. RIP», a-t-il écrit dans un  Tweet.

Pour Jean Claude Katende, la mort de Monsengwo est une perte énorme pour la République démocratique du Congo.

«La mort du cardinal Monsengwo est une perte énorme pour notre pays. Sa contribution à la démocratie et au respect de la dignité du congolais a été remarquable. Mes condoléances à sa famille et à église catholique de la RDC», a déclaré ce défenseur des droits de l’homme.

Pas encore des programmes officiels pour les obsèques de celui qui aura tout donné pour son pays.

Cardinal Monsengwo: Homme d’Etat, de Paix et Prince de l’église, Thierry Monsenepwo revient sur ses mérites

Décédé aujourd’hui dimanche 11 juillet à Paris, où il était évacué une semaine il y a pour raisons de santé, le Cardinal Monsengwo honoré par Jean Thierry Monsenepwo, Cadre de la CCU, à travers un hommage digne de son rang.

« Le cardinal Monsengwo doit être repris dans les livres d’histoire comme étant un grand homme d’Etat, pour avoir participé à la démocratisation de ce pays, à l’alternance mais aussi à l’émancipation de l’église catholique romaine universelle dans sa version congolaise comme l’a laissé le cardinal Malula.

Sans oublier son apport dans les réformes qu’a connues l’église catholique, aux côtés de papes Benoit 16 et François.

Le pays doit un vibrant hommage à ce digne fils qui depuis son Maïndombe natal, a fait briller son intelligence hors pairs pour la paix, la démocratie et la chrétienté « , Thierry Monsenepwo.

A titre de Rappel, le Cardinal Monsengwo a joué un grand rôle lors de la Conférence Nationale Souveraine de 1990.

vraijournal.net

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