Fatshi : «Ma candidature dépendra de la volonté de la population »

* L’Union sacrée de la nation est une union de bonnes intentions et de bonne volonté pour avancer le pays, a-t-il précisé.

Apres son discours à la nation, à l’occasion du 61ème anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a accordé une interview, hier jeudi 1er juillet, à deux journalistes congolais, à Goma. Répondant à une question sur son ambition de se présenter à la prochaine élection présidentielle, le successeur de Joseph Kabila a affirmé que sa candidature dépendra d’abord de la volonté de la population de la République démocratique du Congo. 

«Je crois que cela dépendra de la volonté de la population d’abord. C’est la première des choses. Ce sont nos concitoyens, nos compatriotes qui décident de notre propre sort», a déclaré le chef de l’État.

Il a insisté sur sa détermination  à traduire dans le quotidien du peuple congolais le slogan « le peuple d’abord ». Il a souligné que l’Union Sacrée de la Nation a été mise en place pour répondre aux problèmes du pays. 

UNION DES BONNES INTENTIONS

«Cette union n’est pas une plate-forme politique, ni électorale. C’est une union de bonnes intentions et de bonne volonté pour avancer le pays, répondre aux attentes les plus pressantes de la population comme la paix, la sécurité, l’amélioration du quotidien, du pouvoir d’achat de nos compatriotes qui peuvent être tout de suite prises en charge et cela en attendant que le mandat se termine, et qu’on revienne de nouveau devant le peuple pour solliciter son suffrage. Donc, en attendant d’arriver là, nous devons nous consacrer à notre mission, nous concentrer sur notre travail», a soutenu  Félix Tshisekedi. 

Il précise que c’est lorsque le travail sera fini en ce qui concerne ce premier mandat, qu’il reviendra vers le peuple pour solliciter sa confiance afin de poursuivre la matérialisation de sa vision.

«J’ai une vision pour ce pays, je veux voir ce pays se transformer, je ne veux pas qu’on pense que parce que j’ai cette ambition que je vais commencer à me comporter comme si j’étais en campagne. Non, nous ne sommes pas en campagne, ça doit être très clair. Là, nous sommes au travail d’abord, lorsque le travail sera fini, nous nous tournerons vers le peuple pour dire si vous êtes satisfaits, redonnez nous confiance, votre confiance, pour continuer le travail», a ajouté le président Tshisekedi. 

Ce face-à-face avec la presse était l’occasion pour le président de la République de revenir sur plusieurs sujets d’actualité.  Parlant du bras de fer qui s’observe actuellement entre le Gouvernement central et la Fédération des entreprises du Congo (FEC) sur la baisse des prix des surgelés, le chef de l’Etat a affirmé son soutien à la position prise par le ministère de l’Economie.

LA FEC PROTEGE LES INTERETS DES OPERATEURS ECONOMIQUES

À l’en croire, la réaction de la Fédération des Entreprises du Congo traduit une volonté de sauvegarder les intérêts des opérateurs économiques. 

Le chef de l’État a rejeté la thèse selon laquelle les opérateurs économiques membres de la FEC n’étaient pas associés aux travaux qui ont conduit à la fixation de nouveaux prix des surgelés.

«Ce n’est pas vrai. Le ministre de l’Économie dont j’apprécie les efforts et que je soutiens totalement, a adressé à plusieurs reprises des invitations à ces opérateurs économiques qui, parfois, les ont ignorées ou de fois envoyé des représentants qui ne pouvaient pas prendre des décisions. Le ministre s’est retrouvé à un moment donné coincé, il devait prendre une décision et je crois qu’il a bien fait de prendre cette décision parce que ça fait réagir la FEC et ça l’oblige maintenant à venir à table et à discuter. C’est ce que j’encourage, il faut discuter», a-t-il soutenu.

VIVEMENT LE DIALOGUE

Le président Tshisekedi a promis de tout mettre en œuvre pour permettre aux opérateurs économiques de prospérer. 

«Les uns sont les opérateurs économiques. Ils regardent leurs intérêts, ils sont des privés, ils ne sont pas là pour nos beaux yeux. Ils sont là pour faire des affaires et prospérer, et d’ailleurs moi aussi je les encourage et je ferai tout pour les aider à prospérer. Mais attention, ils sont des partenaires de l’État. Et l’État est là pour garantir le bien-être de la population. Donc, en ce moment-là, ils doivent se mettre autour d’une table et discuter avec l’État pour l’intérêt de la population», a indiqué Félix Tshisekedi. 

 La question polémique qui touche aux jeeps des députés nationaux s’est invitée à cet entretien. Le chef de l’Etat a affirmé qu’il ne s’agit pas de crédit. Les députés payeront ces  véhicules à leurs frais.

PAS UN CADEAU

À en croire le premier citoyen congolais,  cette dotation est une réponse à l’une des revendications des élus nationaux faites lors de leurs dernières rencontres. Il a précisé qu’il ne s’agit pas d’un cadeau. Ces véhicules, d’après lui, seront payés aux frais des députés nationaux comme lors des législatures précédentes.

«Ils (députés nationaux) ont cité une série de revendications parmi lesquelles il y avait les véhicules. Il y a parmi ces députés, si vous ne savez pas, je vous informe, notamment ceux venus de l’intérieur qui n’ont même pas les moyens de transport à Kinshasa, alors qu’ils doivent faire leur travail de député. Il y en a qui vont au Parlement à motos avec tous les risques qu’on connaît. Ils posent le problème, ils disent, monsieur le président de la République, nous voulons, comme dans les législatures passées, avoir aussi des véhicules. Ils vont payer à leurs frais, je le signale ici, ce n’est pas que le président de la République a une cagnotte quelque part», a fait savoir Félix Tshisekedi. 

Selon lui, ce n’est pas non plus un crédit, car l’Assemblée nationale qui  a une autonomie financière, peut prendre langue avec les opérateurs économiques et les banques en vue d’acheter ces véhicules. 

DOTATION AUX PARLEMENTAIRES

Pour étayer son argumentaire, il a rappelé qu’à son temps, l’ancien président du Sénat, Thambwe Mwamba, avait sollicité des crédits auprès des banques pour réhabiliter la salle des plénières de cette chambre du Parlement.  

Par ailleurs, le président de la République a indiqué que la polémique a été suscitée autour de cette affaire pour étouffer celle des cartes des crédits collées sur le compte général du Trésor. 

«D’ailleurs, réfléchissez bien, vous verrez que ce problème ou ce scandale est intervenu au moment où on parlait des cartes de crédit à la Banque centrale tirées sur le Trésor, n’est-ce pas ? Et donc, ça arrangeait les gens à faire plus de bruits avec cette affaire pour étouffer l’autre. C’est simplement ça ! Comment voulez-vous corrompre 500 députés ? Parce notre Assemblée nationale, c’est 500 députés, c’est 500 jeeps qui ont été commandées, ça veut dire que même l’opposition aussi, je vais la corrompre. Ça n’a pas de sens», a réagi le chef de l’État.

PAS D’ACHARNEMENT

Il a réitéré son plaidoyer pour l’allocation aux députés d’un budget pour les vacances parlementaires, en vue de leur permettre d’aller recueillir les problèmes des populations. «Je ne veux pas d’une chambre d’enregistrement mais d’une chambre des représentants, des gens qui vont parler au nom de la population», a martelé Félix Tshisekedi.

Le président de la République a au cours de cette interview diffusée sur la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), rejeté en bloc les accusations d’acharnement sur l’ancien premier ministre, Augustin Matata Ponyo, recherché par la Justice pour des allégations de détournement des deniers publics.

 Il a affirmé que ce dernier est «quelqu’un qu’il respecte et apprécie beaucoup».Parlant des réquisitoires du procureur général près la Cour constitutionnelle dont fait l’objet Matata Ponyo, le chef de l’État a rassuré qu’il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières. Il a réaffirmé sa détermination à  garantir l’indépendance de la justice congolaise. 

KAMERHE, UN HOMME CORRECT

«Pas du tout ! Je ne peux jamais faire ça. J’ai toujours dit il faut que la justice fasse son travail et il faut jamais compter sur moi pour que j’aille m’immiscer. Posez la question, vous êtes des journalistes, aux juges ils vous diront. Il y a eu dans mon entourage, il y a sûrement même encore les gens qui ont tenté d’aller influencer des juges, je le sais. Je dis aux juges le prochain qui vient, parce qu’il ne vient pas de ma part, arrêtez-le pour trafic d’influence. Faites-le, ça ne me gênera absolument pas, parce que je veux que la justice soit indépendante et surtout qu’elle soit ce bras séculier qui va nous aider pour instaurer l’État de droit», a dit Félix Tshisekedi.

Et de poursuivre : »Mais je ne comprends pas qu’on crée cette catégorie des congolais qui peuvent, d’une part, être justiciables et rendre compte à la justice. Et d’autre part, des congolais qui peuvent eux être extirpés de la justice. C’est très mauvais, et même pour lui, l’ancien premier ministre, Augustin Matata. Même pour lui, ce n’est pas du tout quelque chose de profitable parce que c’est un acteur politique (…)».

Interrogé sur Vital Kamerhe, Felix Tshisekedi a affirmé que le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) est quelqu’un de correct dont la République démocratique du Congo a encore besoin.

GROGNE DES INFIRMIERS

«Je continue à croire que Vital Kamerhe est non seulement quelqu’un de sérieux, de correct mais en plus quelqu’un dont la République a besoin grâce à son intelligence, grâce à son expérience. Et je suis convaincu qu’il jouera à nouveau un rôle dans ce pays», a déclaré Félix Tshisekedi

Abordant la grogne des agents de riposte contre la Covid-19, le président de la République  a affirmé avoir interpellé les ministres du Budget et des Finances à ce sujet. Il a promis que les paiements vont bientôt suivre.

«J’ai interpellé le ministre du budget, le ministre des Finances. Et c’est là que je sais que l’argent est là, il est disponible. Simplement les paiements vont être échelonnés. Je crois qu’ils vont d’abord payer deux ou trois mois ensuite résorber tout le retard», a rassuré le chef de l’État.

Orly-Darel NGIAMBUKULU

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