« Congolité » charrie soustraction et division

Pas besoin d’être crack en mathématique pour pratiquer au quotidien les quatre opérations basiques de l’arithmétique. Même un modeste littéraire sait que trivialement l’addition et la multiplication servent à augmenter le nombre, la quantité…Et symétriquement  l’inverse pour la soustraction et la division.

Transposées en politique- version un homme, une voix -,  ces opérations charrient avantage, bénéfice, confort pour les deux premières et inconvénient, perte  pour les deux dernières. Electoralement, l’addition et la multiplication sont gage de victoire. A contrario, la soustraction et la division sont des machines à perdre. En clair, en politique  il vaut mieux gagner des âmes qu’en  perdre.

Ces vérités d’évidence étant rappelées, question, façon calcul mental, à ceux qui seraient tentés d’instrumentaliser  la « congolité » à des fins d’élimination préventive de certains compatriotes de la future présidentielle : sur quelle opération arithmétique  cette proposition de loi controversée  est-elle  susceptible de déboucher ? Réponse : division et soustraction.

Par son caractère clivant, cette loi en devenir va forcément diviser le pays et  les Congolais au-delà même des familles politiques, de provinces, de tribus …Car dès son adoption suivie de promulgation , naitront  des Congolais de seconde zone . Et si elle est adoubée par l’actuelle majorité,  le pouvoir aura consacré l’exclusion. Il s’en suivra non l’addition encore moins la multiplication mais la soustraction. 

Electoralement, le Président Fatshi perdrait ainsi des pans importants de   »  parts de marchés  » par le simple fait que les exclus, leurs dépendants et les ramifications de ceux-ci vont s’éloigner du Pouvoir.

Mutatis mutandis, un regard rétrospectif  renseigne que l’Union sacrée des années Ya Tshitshi -le père du fils- et son parti phare l’UDPS ont réalisé en bout de course qu’ils avaient perdu  beaucoup de leur poids politique.  La raison ? Les exclusions à la chaîne, les purges,  appelées auto-exclusion pour se donner bonne conscience ont fait qu’in fine  les exclus sont devenus plus nombreux que les excommunicateurs.  Etienne Tshisekedi en personne au nom et au profit de qui ces « éjections »  étaient opérées s’est rendu compte durant la campagne électorale de 2011 qu’il avait besoin de ses anciens compagnons pour l’emporter. D’où par exemple son rapprochement post-mortem avec le leader katangais  Kibassa Maliba. A l’approche des élections où toutes les voix comptent, on se souvient de  Jules Vernes avec son « on a souvent besoin d’un plus petit que soi « .

Moralité, un conseiller et non conseilleur du Président lui suggérerait ceci : Excellence, addition, multiplication vous privilégierez et soustraction, division ; vous éviterez.

Au fond, même le béton est le produit de l’addition du ciment, caillasse, sable, barre de fer… Soustrayez l’une ou plusieurs de ces composantes, le béton n’est plus béton !

José NAWEJ

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