Vital Kamerhe : innoncenté faute de preuves ?

Ça sent le jour  J-1 pour Vital Kamerhe. C’est en principe ce mardi 15 juin que le sort en deuxième instance du leader de l’UNC sera connu. Au regard des faits, une seule question centrale frappée du sceau du bon sens remonte à la surface : quid de l’infraction du détournement de l’argent destiné à l’achat des maisons préfabriquées dès lors que l’entrepreneur Jammal Samih reconnait avoir reçu la totalité de la somme ? Comment, à partir de là, démontrer la culpabilité de l’ancien Directeur de cabinet du chef de l’Etat par rapport à l’affaire  » maisons préfabriquées  » ? Ici comme ailleurs, le droit  – surtout au pénal -, repose sur des preuves. Or, soutient un avocat, les preuves de détournement se sont effilochées avec la reconnaissance de paiement du patron de la Société Samibo. Plutôt que de demander à l’accusé de prouver son innocence, il appert plutôt à l’organe de la loi de donner les preuves de la culpabilité de l’accusé. Forum des As publie à ce sujet une chronique d’un confrère qui a couvert le procès Kamerhe dès sa genèse.

De la clameur à l’innocence !

Il n’y a pas deux procès qui ont fini par la suite à mettre l’opinion d’accord. Le procès de Vital Kamerhe,  acteur de la scène politique congolaise et ancien directeur de cabinet du Chef de l’Etat, a réussi à faire taire lui-même la vive émotion qui accompagnait ses audiences (foraines) radiotélévisées lors de la période de confinement de Kinshasa. C’est resté historique.

Le grand suspense de ce procès était la confirmation de toutes les accusations fondées sur la lenteur dans la concrétisation des promesses du chef de l’Etat faites lors de l’inauguration de son programme d’urgence de 100 jours. Le blocage c’était Vital Kamerhe, autre fois surnommé Ibenge le Coach! A l’image des victoires remportées par l’ancien sélectionneur des Léopards congolais.

Véritable symbole des moments glorieux, comme celui de la présidentielle arrachée en décembre 2018 sous le ticket Fatshivit. L’homme qui a l’expérience de la gestion de la Res Publica après son brillant passage à l’Assemblée nationale.

Tout a été dit, tout a été écrit.

Vital Kamerhe a détourné 400 millions de dollars USD des travaux de 100 jours, les plus gentils évoquent  226 millions de dollars USD. Peu nombreux sont ceux qui pourraient imaginer une somme de 56 millions de dollars USD, moins encore de 48 millions de dollars USD. À l’UNC, parti cher à Vital Kamerhe, les cadres ont gardé le silence, face aux accusations de tous bords.

Révolte et Réprobation sociale s’invitent…

La réalité est que l’homme qui a accepté de s’effacer de  la course à la présidentielle, au profit du pouvoir actuel, sera poursuivi pour l’affaire des maisons préfabriquées destinées aux militaires et policiers. Une affaire qui pouvait bien révolter les militaires et policiers contre un individu.

Dès l’entame des audiences, beaucoup étaient curieux de savoir où étaient passées les autres affaires.

Nombreux également soutenaient, dans leurs pensées, qu’après cette affaire des maisons préfabriquées, Vital Kamerhe devait aussi être tenu pour responsable de toutes les promesses non tenues du Président de la république. Le diable est à abattre.

Le procès débute avec un accident monumental

Le président de cette affaire, le juge Raphaël Yanyi sera tué, d’après les révélations faites par le gouvernement. À ce jour, l’enquête n’a jamais établi la vérité sur cette mort surprenante.

Toutes les demandes de remise en liberté provisoire formulées par les avocats de Vital Kamerhe (encore Dircab de Fatshi) seront rejetées  en touche par toutes les instances consultées.

Avec la venue de Pierrot Bakenge, ancien juge remplaçant de Yanyi, devenu président du Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, le procès va connaître une vitesse de croisière. Au bout d’un mois, Vital Kamerhe et son co-accusé Jammal Samih, patron de la société (SAMIBO Sarl) bénéficiaire du marché, seront condamnés à 20 ans de travaux forcés pour détournement des deniers publics, blanchiment des capitaux et corruption. Les condamnés continueront à clamer leur innocence.

Le temps, meilleur allié de la vérité

Une année après le procès de Vital Kamerhe, la dose sentimentale économisée pour ce procès, est totalement vidée. Les scientifiques, les hommes de droit, les citoyens lambda qui ont accordé leur temps à suivre cette affaire d’un bout à l’autre n’y accordent plus d’intérêt.

Ils sont restés sur leur soif. Beaucoup ont fini par cracher à haute voix : que fait Kamerhe en prison ?    

Des soupçons et des zones d’ombre qui ont émaillé cette affaire ramènent tout vers la politique. Aucune preuve irréfutable sur le montant réellement détourné. Le souci de condamner était bien là, mais comment rendre pénale la nouvelle notion du détournement intellectuel ? 

La conviction amène les gens aujourd’hui à accepter au moins que les infractions telles qu’énoncées relèvent du droit administratif et non du droit pénal. L’opinion se demande comment Vital Kamerhe est condamné pour détournement alors que ses comptes n’étaient pas approvisionnés par l’argent venu directement du Libanais Jammal Samih, encore moins des comptes de ses proches. Aucun compte de VK ni de ses proches ne renseigne non plus sur ladite somme détournée, soit 48 millions de dollars USD.

Le patron de la société bénéficiaire du marché depuis le gouvernement Tshibala avoue haut la main, à la première instance comme à la seconde, avoir touché la totalité de la somme qu’il a affectée à l’achat des maisons.

Au lieu de démontrer la culpabilité de Vital Kamerhe, curieusement certains lui demandent de prouver son innocence.        

La clameur a cédé sa place à l’innocence. À quelques heures du verdict du procès en appel, les langues se délient. C’est en principe ce mardi 15 juin 2021, sauf changement de dernière minute, que les juges vont rendre public leur prononcé.

La clameur publique : Libérez l’Innocent!

Personne ne pouvait s’attendre à voir des groupes d’individus, minuscules soient-ils, soutenir le leader de l’Union pour la Nation Congolaise. Sur les réseaux sociaux, devenus véritables vecteurs de l’opinion publique, même les sondages prouvent l’innocence de Vital Kamerhe. C’est magique cette transformation. La vérité a affranchi les hommes ayant la pierre à la place du cœur. La vérité a du temps. Elle est là désormais. 

Aujourd’hui, l’opinion congolaise réclame tous azimuts la libération de vital Kamerhe. La justice n’ayant pas pu apporter les preuves irréfutables de sa culpabilité.

Ci-dessous, les résultats de ce sondage initié par ce journaliste proche de l’Udps. Sur un échantillon de 5.000 personnes, 84% se sont exprimés en faveur de l’acquittement pur et simple du leader de l’UNC, Vital Kamerhe.

E.I./Correspondance particulière

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