Transport en commun: Ngobila fait marche arrière !

* Les automobilistes de nouveau autorisés à embarquer le max de passagers

Rétropédalage dans l’application des mesures coercitives du Gouverneur de la ville Kinshasa, contenues dans son arrêté du lundi 21 juin courant. Plus de poursuites policières assorties d’amendes transactionnelles, contre tout transporteur en commun ayant embarqué le maximum de passagers. Depuis hier jeudi, ces derniers ont de nouveau été autorisés à faire le plein de places assises à bord de leurs véhicules. C’est ce qui ressort de la réunion entre l’autorité urbaine et des responsables de la Police nationale congolaise (PNC), tenue tard dans la soirée de mercredi dernier.

« La Police ne va plus effectuer le contrôle de pourcentage, en ce qui concerne l’espace du véhicule de transport en commun. Toutes les places assises peuvent être occupées. Mais, s’il y a une personne debout, là on va interpeller le propriétaire du véhicule et la personne qui ne sera pas assise. La maladie est bien là. Il faut prendre cela au sérieux« , a expliqué le Général Sylvano Kasongo, commissaire provincial de la police de Kinshasa, qui a annoncé la nouvelle aux premières heures de la matinée d’hier jeudi.

En d’autres termes, seuls seront poursuivis et payeront des amendes, des transporteurs en commun qui auront admis des passagers debout et embarqué des clients sans masque anti postillon. Comme qui dit, le port du cache-nez reste de stricte observance dans tous les moyens de transport en commun. Les contrevenants malchanceux rencontreront sur leur chemin, des éléments de la PNC commis au contrôle instauré à cet effet.

Cependant, ce rétropédalage du Gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, ne concerne nullement les motocyclistes, nouveaux opérateurs du secteur de transport en commun, communément appelés « Wewa » dans la très vaste capitale congolaise. Car, il leur est exigé de ne transporter qu’un seul passager à la fois. « Ca d’ailleurs été comme ça. Et, la loi requiert une personne sur la moto. C’est ça le Code de la route. On ne peut pas déroger à cette règle et nous serons stricts là-dessus« , a averti le patron de la Police de Kinshasa.

LES RAISONS D’UNE VOLTE-FACE

Sortir la décision du Gouverneur de la ville de son contexte, on tombe dans le prétexte. A en croire le Général Sylvano Kasongo, la nouvelle autorisation donnée aux transporteurs en commun, d’embarquer 100% des passagers assis, a été motivée par la situation, ö combien tendue, observée dans la matinée du mercredi 23 juin dans les rues de Kinshasa où l’accès à un moyen de transport a été un véritable cauchemar pour des milliers de Kinois.

« La troisième vague de Covid-19 est bel et bien là. Il faut par conséquent prendre des mesures sévères pour freiner sa propagation rapide dans la ville. Mais aussi, nous devons tenir compte des difficultés économiques qui sont tout aussi rudes, que connait la population kinoise. Voilà pourquoi, à la suite de ce qui s’est passé le mercredi, nous avons pensé à l’allègement des mesures barrières, énoncées dans l’arrêté de l’autorité urbaine, spécialement en ce qui concerne le transport en commun« , a encore expliqué le Général Sylvano Kasongo, contacté hier par certains médias locaux.

On rappelle que dans son arrêté sus-indiqué, Gentiny Ngobila a durci les mesures de lutte contre la propension de la troisième vague de Covid-19, avec des variants indien et sud-africain, signalés dans la capitale.

En ce qui concerne par exemple le transport en commun, le document de l’autorité urbaine avait limité à 50%, la capacité tolérée d’embarquement. 

Cependant, à cause de cette restriction qui a réduit de moitié, le nombre de passagers à embarquer dans des bus, minibus et  taxis, le transport en commun a été paralysé au courant de la journée du mercredi 23 juin à Kinshasa. Ce, à la suite du mécontentement quasi généralisé des conducteurs, très opposés à l’arrêté du Gouverneur Gentiny Ngobila.

Ainsi, quelques rares transporteurs en commun ayant accepté d’offrir leur service, n’ont pas hésité à doubler leurs tarifs traditionnels. Ce qui explique de très longues files de piétons, observées le long de principales artères de la capitale. Sans oublier d’importantes foules importantes aux différents arrêts de bus, qui attendaient désespérément un moyen de transport.

ENTRETEMPS, LES TENANCIERS DE TERRASSES, BARS…ENDURENT LEUR CHEMIN DE CROIX

La situation actuelle des transporteurs en commun, des tenanciers de terrasses, de bars, de discothèques et de  Night-clubs à Kinshasa, ressemble quelque peu à celle de personnages de Jean De la Fontaine, dans l’une de ses très célèbres fables, intitulée  « Les animaux malades de la peste« . Tous étaient frappés, mais ils ne mourraient pas tous. 

Ainsi, si le cri de détresse des transporteurs en commun a produit un écho favorable de la part des autorités de la ville de Kinshasa, ce n’est pas le cas avec les propriétaires de terrasses, bars, discothèques et autres night-clubs. Car, depuis le début de la semaine, tous ont mis la clef sous le paillasson et n’attendent plus que leur « suicide » collectif. Pendant combien de temps durera le chemin de croix de ces nombreux responsables de familles dont la survie tient essentiellement aux activités suspendues ?

Ici aussi, de nombreux analystes estiment qu’il se pose un vrai problème. Dès lors que les tous les débits de boissons sont fermés, d’aucuns estiment que plus rien ne saurait justifier le fameux couvre-feu, instauré depuis le mois de décembre dernier, dans la foulée des mesures prises pour freiner le développement de la deuxième vague du Covid-19.

A ce jour, l’argument présenté par les autorités du pays, pour motiver cette restriction de mobilité, semble ne plus convaincre personne. En tout cas, dans les rues de la capitale, nombre de Kinois n’y croient plus. A moins qu’il y ait d’autres raisons qui justifieraient ce couvre-feu qui n’a que trop duré. Sinon, la RD Congo semble être le seul pays au monde, où il serait scientifiquement prouvé que le Covid-19 se propage plus la nuit après 22 heures, que la journée.

Grevisse KABREL

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