Majorité  » mécanique  » hier, aujourd’hui et…

Ci-gît la  » majorité arithmétique, mécanique, factice  » … Et même    » préfabriquée  » en ce mardi où le procès dit de cent jours livre son verdict en appel.  Sous les cendres de feue la majorité d’hier, nous est née une nouvelle majorité.

C’est celle qui vient de voter à l’unanimité la proposition de loi portant organisation et fonctionnement de la CENI. Le texte est passé comme une lettre à la poste. Comme au -déjà ?- bon vieux temps de la majorité FCC !

 Dans les travées de deux hémicycles, le fameux  » mot d’ordre  » a juste changé de visage.  Forcément de  couleur et d’odeur.  Mais, pas besoin d’enlever le masque-en ce temps de covid-19- pour le sentir. Pas la peine non plus d’aller jusqu’au délit d’initié pour l’apercevoir.

Faut-il s’en formaliser ? Pas le moins du monde.  Sous toutes les latitudes, le régime semi-présidentiel ou semi parlementaire -c’est selon- charrie un parlement  » docile  » -les méchantes langues diraient  » godillot » dans le cas de figure classique où le Président de la république est en même  temps patron des majorités présidentielle et parlementaire.

  La majorité à la Chambre devient l’instrument par lequel  » le monarque élu  » légifère. C’est le cas actuellement en France, pays-étalon pour nombre de « sachants  » et  » savants  »  sous les tropiques.

Problème, même en Hexagone l’affaiblissement du Parlement inquiète ceux qui pointent  déjà les limites de la démocratie représentative. Et en appellent sinon à une démocratie participative ou consensuelle, du moins à instiller une dose de celle-ci dans celle-là. Histoire d’empêcher  que les élus ne préemptent  le débat démocratique pendant 5 ans. Difficile dans ces conditions à la Société civile -la vraie-, aux corps intermédiaires, d’avoir voix au chapitre.

  Un sujet qui devrait parler aux Congolais qui, au fil  des mandatures, constatent qu’ils ne sont  » consultés  » que lorsque la machine électorale est en marche. Une fois les urnes dépouillées, leurs  » avocats  » s’installent qui au Palais du peuple, qui dans les assemblées provinciales pour obéir à des mots d’ordre, façon ukases,  venant  d’en haut. Pas à ceux émanant de la base.

Alors, le vieil homme surnommé « majorité mécanique… tutti quanti  » n’est pas mort. Il s’est juste transfiguré. De quoi conclure avec l’écrivain Alphonse Karr : « plus ça change, plus c’est la même chose« . De quoi aussi ressusciter la célèbre phrase des monarchistes en France :  » le roi est mort, vive le roi  » ! De quoi enfin, remettre au goût du jour la boutade de l’inénarrable feu Mungul Diaka sur le véhicule qui demeure le même et on a juste changé de chauffeur. Vrai ou faux ?  

  José NAWEJ

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