Administratifs et infirmiers de l’Hôpital sino-congolais accusent le gouvernement d’être injuste

Depuis quelques jours des rameaux trônent sur les grilles de clôture de l’Hôpital de l’Amitié sino-congolaise de N’djili (HASC). Faute d’avoir obtenu gain de cause, les agents administratifs, les infirmiers et autres techniciens  reconduisent leur mouvement de grève, déclenché depuis le 9 juin, pour dix jours. Les grévistes dénoncent l’injustice du Gouvernement à leur endroit en pratiquant un régime de faveur envers les médecins. Dans leurs revendications, Ils réclament le paiement des primes de risque, l’engagement de nouvelles unités (NU)…

       Les grévistes sont déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications en reconduisant depuis le lundi 14 juin, la grève sèche généralisée à la santé pour dix jours à partir du samedi 12 juin. Quelques syndicalistes rencontrés sur les lieux veillent au grain pour que le mouvement de grève soit suivi scrupuleusement par les administratifs, les infirmiers et autres techniciens du secteur de la santé.

       Dans une correspondance du vendredi 11 juin adressée au ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention et signée par une quinzaine de représentants de syndicats et dont notre rédaction a pu obtenir une copie, les signataires annoncent  » la reconduction de la grève généralisée à la santé pour dix jours, à partir du samedi 12 juin, dans les structures sanitaires de la République et services administratifs  » de l’Etat.

SCISSION  DU MINISTERE DE LA SANTE

       Dans leurs revendications, les infirmiers et les administratifs du secteur de la santé, dont ceux de l’Hôpital de l’Amitié sino-congolaise de N’djili, exigent notamment l’alignement des agents jusque-là non payés à la prime de risque du personnel de santé publique, Hygiène et Prévention dans le plus bref délai. La mise en œuvre des protocoles et rapports,  l’exécution stricte des crédits budgétaires selon les catégories prévues par la Loi des finances exercice 2021 et la scission du  ministère, avec, d’une part, le ministère des  médecins et d’autre part, celui  d’autres catégories professionnelles de la Santé publique,  Hygiène et Prévention.

       Pour un des syndicalistes du Syndicat national des professionnels de la santé, licenciés, maîtrise, docteurs à thèse en science de santé (SYNAPMS), ayant requis l’anonymat, les grévistes reprochent au Gouvernement de ne pas respecter les nombreux protocoles d’accord et rapports signés la non-exécution des lignes budgétaires selon les catégories professionnelles.

       Bref, ce syndicat regroupe également les techniciens de laboratoire, les nutritionnistes, les techniciens d’imagerie, les AG…)

REGIME DE FAVEUR POUR LES MEDECINS

       Montés sur leurs grands chevaux, les grévistes  dénoncent le régime de faveur dont bénéficie la catégorie médicale – les médecins – de la part du partenaire qu’est le Gouvernement, représenté par le ministère de la Santé publique, alors qu’il existe plusieurs catégories sociales. Conséquence, les revendications de cette catégorie ont toujours été prises en compte.

       Pour l’un de syndicalistes abordés, , la raison est à chercher dans le fait qu’aussi bien à la tête du ministère de tutelle qu’à celle  de plusieurs organisations et structures, on  remarque cette discrimination sociale.

       Il déplore que plusieurs rencontres tenues entre les délégués syndicaux et le Gouvernement, aussi bien durant le régime passé que durant le régime actuel  n’aient abouti à des solutions satisfaisantes.

       « Nous voulons que ce ministère soit scindé en deux parce que rien ne va. D’ailleurs, il y a eu une rencontre avant l’annonce de trois jours de grève entre l’actuel ministre de la Santé et le banc syndicat. Malheureusement, le Conseil des ministres n’avait même pas fait allusion à nos revendications. Nous disons qu’il y a une injustice sociale qui ne dit pas son nom. Ainsi, avons-nous décidé de revendiquer en allant  en grève et laisser cette catégorie travailler car la santé, c’est cette catégorie « , déplore-t-il.

POUR UN DIALOGUE PERMANENT

       En dépit de cette situation, le syndicat est loin de rompre le fil du dialogue, si bien que le syndicaliste reste convaincu qu’il y aura une suite favorable à leurs revendications, parce que le banc syndicat estime que le dialogue doit être permanent à tout moment pour que les choses aillent vite et que les autres catégories reprennent le travail.

       C’est le refus du Gouvernement de prendre en compte ses revendications qui a poussé le syndicat à déclencher le mouvement de grève quand bien même certains malades sont abandonnés.

       Pour sa part, Kifuma Ndombe Luse, vice-président du Synapetas (Syndicat national du personnel technico-administratif de santé et service) appelle l’Exécutif national  à prendre en compte les revendications des grévistes pour que chaque travailleur de l’HASC soit satisfait dans ses besoins. Car, dit-il, un père de famille est pour tous ses enfants et non pour quelques-uns. Car agir autrement, c’est pratiquer de l’injustice.

       Aussi, demande-t-il au Gouvernement de résoudre vite et bien ce dossier pour que tous les travailleurs soient bien servis. Car, déplore-t-il, rien que le premier ultimatum de trois jours, l’hôpital  a enregistré beaucoup de morts. La réalité est que les médecins seuls ne peuvent servir les nombreux malades de l’hôpital.

       L’hôpital emploie au moins 137 administratifs dont 34 NU pour le Synapetas et 85 adhérents pour le SYNAPMS.

Kléber KUNGU

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