Yuan Longping, « père du riz hybride », aide l’Afrique dans sa quête d’autonomie alimentaire (SYNTHESE)

BEIJING, 25 mai (Xinhua) — De nombreuses voix se sont élevées en Afrique pour saluer la mémoire de l’académicien chinois Yuan Longping, surnommé « le père du riz hybride », décédé le 22 mai à l’âge de 91 ans.

Le ministre malgache de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Fanomezantsoa Lucien Ranarivelo, a ainsi fait part samedi de sa « grande tristesse ». Son pays a notamment été parmi ceux qui ont bénéficié des travaux de cet agronome.

Madagascar jouit d’un climat tropical humide, d’un fort ensoleillement et de ressources hydriques abondantes, où la culture et la consommation de riz y sont traditionnelles. Or, en raison de l’insuffisance de moyens financiers, d’infrastructures adéquates et de technologies agricoles obsolètes, les rendements ont longtemps été faibles. L’Etat a donc dû importer des centaines de milliers de tonnes de riz par an, sans pour autant écarter la menace de famine.

En 2010, des experts de Yuan’s Seeds, l’entreprise de semences lancée par Yuan Longping, sont venus dans la Grande Ile. Jusqu’en 2019, on y a cultivé un total de 40.000 hectares de riz hybride, avec un rendement moyen de 7,5 tonnes/ha, soit deux fois le rendement moyen du riz traditionnel. Un pic a même été atteint avec 10,8 t/ha.

Otilia Tomo, directrice de l’Institut de recherche agricole du Mozambique, avait dit lors d’une visite en Chine en 2019 avoir été impressionnée par les variétés de riz tolérantes à la solution saline-alcaline ou à rendement plus élevé que l’équipe de M. Yuan avait présentées.

Le Mozambique s’est lui aussi lancé dans le défi d’augmenter les rendements, selon elle, ajoutant qu’en 2020, trois variétés que son équipe avait rapportées de Chine et testées au Mozambique ont donné des « résultats satisfaisants« .

Les résultats portent sur une seule saison et sont préliminaires, a noté Mme Tomo, tout en les jugeant « prometteurs« . Ceci permettra à son institut de poursuivre ses études pour lutter contre la faim, a-t-elle souligné dans une interview à Xinhua.

Au Kenya et en Angola, les semences de riz hybride ont été ou seront plantées, aidant les agriculteurs à réaliser leur rêve d’accroître leur production et d’augmenter leurs revenus. D’autres pays du continent tels que la Sierra Leone, la Zambie et le Zimbabwe attendent avec impatience l’arrivée de semences de riz hybride adaptées à leur environnement.

En juin 2019, Yuan Longping avait adressé un message vidéo à un séminaire sino-africain sur le développement du riz dans le cadre de la première édition de l’Exposition économique et commerciale Chine-Afrique du Hunan, province située dans le centre-sud de la Chine.

« Je suis très heureux d’aider les pays en développement à cultiver du riz hybride pour résoudre le problème de pénurie alimentaire et je suis convaincu que grâce à nos efforts communs, nous atteindrons cet objectif dans un proche avenir« , avait-il notamment dit.

La Chine aide depuis des années les pays africains à développer une riziculture productive et résiliente grâce à son riz hybride. Pour les agriculteurs du continent, c’est là la clé d’une meilleure sécurité alimentaire et de revenus plus élevés.

Au début des années 1970, la plupart des biologistes et agronomes du monde entier croyaient qu’une méthode durable de croisement de variétés de riz robustes et à haut rendement était une mission impossible, mais Yuan Longping, avec ses recherches, a prouvé le contraire.

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