Vivement le deuil national !

Avec l’éruption volcanique de Nyiragongo, c’est peu de dire que la RDC est en deuil. Au fond  vu de Goma capitale d’une province continuellement endeuillée, il s’agit d’un deuil dans le deuil qui tient, hélas, lieu d’écosystème local.

Un drame qui sonne comme en écho à la tragédie qui se vit et sévit dans le Grand nord. Une sinistre loi de séries qui en rajoute à  l’opération mathématique  la plus usitée dans la région : l’addition ou la comptabilité macabre. Une espèce de double, triple voire quadruple peine pour des populations sous la menace des laves du volcan, terriblement  secouées par des tremblements de terre, contraintes d’abandonner leurs maisons lézardées et de se mettre sur les routes à la recherche d’un ailleurs sécurisant.

L’acharnement de la nature  est tel que même le deuil devient errant. On pleure en fuyant la…mort annoncée. A charge aux Congolais d’autres régions d’organiser  la solidarité nationale et de fixer  le deuil en lieu sûr. 

 Si prompt à décréter le deuil national lorsque la malheur frappe un pays frère, le Pouvoir  tarde à donner officiellement  le « la » du deuil pour les victimes des laves du Nyiragongo. Pourtant,  « charité bien ordonnée commence par soi-même« .

 Trêve de procès. A bas la polémique.  Période de deuil oblige. Viendra sans doute  l’heure de désigner ou de démasquer le ou les  « sorcier(s)« .

Va-t-on  recourir aux devins pour dénicher les fameux « bandoki » qui jetteraient un mauvais sort sur l’Est du pays. Avec le risque que la liste de sorciers soit extraordinairement longue et contienne aussi des noms des étrangers. Ou pour avoir remis le pays entre les mains du Seigneur, va-t-on   recourir à ce que la RDC  compte de serviteurs de Dieu pour des séances d’exorcisme collectif suivi d’une catharsis à l’échelle nationale? 

Plus sérieusement, la vraie sorcellerie dont nous devrions nous  départir est cette gestion par à-coups à mille lieues de la nécessaire prévision et planification. Impossible, dans ces conditions, de voir venir le danger. 

Comment,  à ce propos, ne pas invoquer ; évoquer et convoquer la citation de l’homme politique français Emile Girardin.  A savoir,   « gouverner,  c’est prévoir ;  et ne rien prévoir,  c’est courir à sa perte« . A méditer sans modération en cette période de deuil.

José NAWEJ

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