Marché de la Liberté: les vendeurs s’interrogent sur la destination des 300 FC de taxe quotidienne

Les marchés ou autres «wenze» de la ville de Kinshasa, ainsi que tous les autres lieux de négoce du pays génèrent beaucoup d’argent grâce aux différentes taxes que les vendeurs et marchands paient chaque jour. C’est le cas du Marché de la Liberté dans la commune de Masina.

Dans ce lieu de négoce, chaque mètre coûte au vendeur 300 FC chaque jour. Des recettes qui se volatilisent en prenant d’autres directions que celles auxquelles elles sont destinées. Conséquence, ce don de Mzee Kabila à la population de la Tshangu s’avère mal géré, baignant aujourd’hui dans une insalubrité indicible…

Un des reporters de « Forum des As » est descendu sur le lieu le mardi 11 mai pour rencontrer ceux qui tirent leur pain quotidien du Marché de la Liberté. Quelques vendeuses et vendeurs rencontrés sur place ont déploré la mauvaise gestion qui a caractérisé l’administration Fatou.

«Où vont les recettes réalisées avec les taxes d’étalage que nous payons chaque jour ?», se plaint un vendeur d’habits dans une échoppe, fustigeant  la gestion de l’administratrice éjectée, Mme Fatuma Mangaza. «Nous payons chaque jour 2.800 FC, dont 500 FC de courant électrique et 300 FC de salubrité», précise-t-il.

300 FC LE METRE

Des informations prises nous renseignent que l’espace d’un mètre vaut à son occupant 300 FC payés chaque jour, quelles que soient les marchandises vendues. A cette taxe dite d’étalage on ajoute les frais de courant électrique si on en est pourvu. Tel ce tailleur qui paie 300 FC d’étalage pour le mètre d’espace qu’il occupe et 1.200 FC de frais de consommation du courant qu’il débourse également chaque jour.

Un autre vendeur paie 1.000 FC dont 600 FC de taxe d’étalage pour les deux mètres d’espace qu’il occupe, 200 FC de salubrité et 200 FC de dépôt pour les agents de sécurité commis à la garde de ces marchandises.

Selon trois vendeuses  dont une de bananes plantain, les commerçants remettent 200 FC dite de sécurité ou de dépôt aux agents du service de sécurité du marché, condition sinon qua non pour faire garder les marchandises.

L’enregistrement de tout colis de marchandises à confier aux agents de sécurité pour la garde est conditionné au paiement de ce montant. Faute de l’avoir fait, le vendeur court le risque de perdre ses marchandises, même si il reconnaît avoir déjà payé les 200 FC, mais que l’administration du marché ne remet pas aux agents de sécurité.

2.000 FC POUR UNE ECHOPPE

Tout compte fait, c’est un échantillon des montants de taxe d’étalage que paient les vendeuses et les vendeurs du Marché de la Liberté que nous présentons. Si le mètre d’espace occupé coûte 300 FC, faites le compte pour estimer ce que les gestionnaires de ce grand espace encaisse comme recettes journalières.

Questions : le marché compte combien de vendeurs qui paient au quotidien 300 FC le mètre ? Combien d’échoppes déboursent-elles 2.000 FC, chacune, dans ce marché ? On comprendra, dès lors, l’étendue  de la mauvaise gestion du comité de gestion du Marché de la Liberté et le montant du Trésor public qui prend la direction des poches des individus.

Que dire de 200 FC de dépôt que les vendeuses et vendeurs paient pour faire garder leurs marchandises, mais qui n’arrivent pas aux destinataires ? Une situation qui en rajoute à la gestion  imputée à Fatouma.

Un tour fait aux alentours dudit marché nous place devant une montagne d’immondices qui met à nu l’insouciance caractérisée de ceux qui ont pris la liberté de gérer avec beaucoup de légèreté le Marché de la Liberté. Et dire que ce comité de gestion s’est maintenu pendant 18 ans  sans être inquiété. Le mal dans ce pays est fortement ancré, surtout celui de l’impunité.

Kléber KUNGU

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