Les visibles et les invisibles

Que les honorables députés ne se formalisent guère à la lecture du titre ! Il n’est pas question d’invisibles dont ils ont été et sont peut-être  encore  coutumiers. A mille lieues aussi de deux mondes (visible et l’invisible) de Platon,  philosophe de la Grèce antique.   Il s’agit ici du binôme qui écume l’Est de la RDC.

 Si la kyrielle de groupes armés et la tristement force négative estampillée ADF sont visibles, il en est des forces difficiles à voir à l’œil nu. Une nébuleuse qui n’a pas attendu le coronavirus pour observer avec parcimonie les gestes barrières. Distanciation physique et sociale ? Impeccable. Ces forces se tiennent toujours loin, très loin du théâtre…du drame.  Personne ne les voit ni en train de tuer, ni en train de piller les ressources naturelles. Pourtant…

Port du masque ?  De rigueur.  Ces forces  sont, en la matière, même  plus précautionneuses que les utilisateurs du masque anti-covid-19. Elles se couvrent tout le visage. Question de ne point  être reconnues. La preuve, en un quart de siècle de guerre de rapine  et d’occupation assortie de rébellions-business, les Congolais entendent seulement parler de tireurs des ficelles sans les identifier formellement.

Lavage régulier des mains ? A la perfection. Alors que les mains des tueurs apparents sont pleines de sang des millions de  martyrs rd congolais, celles des forces invisibles sont propres. Et pour cause, elles se lavent les mains après la moindre opération. Lorsque l’eau arrive à manquer, elles recourent à la solution hydro-alcoolique. 

Alors que commence l’état de siège, le plus dur sera de détecter ces forces invisibles qui sont en fait les vraies metteuses  en scène de la tragédie rd congolaise. Celles -là même qui ont conçu le scénario dans les années 90 au crépuscule du long règne de  Mobutu Sese Seko.

Blanchi sous le harnais, le Maréchal-président   lâcha :  » on m’a poignardé dans le dos « . Sur le moment, seuls les initiés  avaient décodé cette litote présidentielle. En dénonçant un vaste complot et en prophétisant une guerre  » longue et…populaire « , Mzee Kabila faisait allusion à un conflit tentaculaire.

 Près de 25 ans après, on y est encore. Avec ces groupes armés visibles et ces forces invisibles.         

 José NAWEJ

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