Vaccin contre le spectre de la somalisation

Drôle de hasard de calendrier de la présidence tournante de l’Union africaine pour le Président somalien ! Le voici obligé de fouler le sol rd congolais pour solliciter la facilitation de son homologue Félix-Antoine Tshisekedi. Qui dit Somalie, dit hélas, balkanisation…consommée ! Deux entités étatiques de fait. Le sud du pays, avec comme capitale Mogadiscio et le nord autoproclamé portant le nom de  « Somaliland« .

 Ce n’est pas tout. Une kyrielle de groupes armés dont des filiales terroristes d’Al Qaeda -les fameux Al Shababs- et de DAECH. Ces succursales terroristes  qui exportent leur  terreur en dehors de la corne de l’Afrique jusque dans…l’Est congolais. La tragédie somalienne parle donc aux Congolais. Jusque dans les concepts. Les Congolais  sur qui plane, depuis près d’un quart de siècle, le spectre de la partition dont le néologisme incarné se trouve être la…somalisation.

Le parallèle entre les deux pays épouse même l’agenda géopolitique. C’est en 1991  que s’amorce  la balkanisation de la Somalie à la suite de la chute  du Président Siad Barré, véritable figure tutélaire de ce pays stratégique donnant sur l’océan indien.

A peine quelques années plus tard, le « la » des velléités  divisionnistes sera donné dans la foulée des rébellions-business couvrant mal des guerres d’agression, commanditées  par des puissances et multinationales occidentales. On connaît la longue et sinistre suite.

Depuis, les Congolais luttent contre moult manœuvres tendant à saucissonner le pays. L’impuissance de la très puissante mission des Nations-Unies au Congo traduit justement le double jeu  de certains « grands » de ce monde.

Le paradoxe des forces rebelles rwandaise et ougandaise, qui n’attaquent jamais leurs pays respectifs, ne saurait s’expliquer autrement que  par la volonté d’émasculer Kinshasa dans l’optique de la balkanisation. L’énigme de groupes armés que les FARDC appuyées par la force onusienne peine à éradiquer depuis des années ne saurait se comprendre que par le dessein d’accréditer la preuve par l’absurde que le pays dans sa configuration actuelle est difficile à gérer. Et que donc la partition serait dans l’intérêt de tous. 

Les propositions de mutualisation de seules richesses naturelles rd congolaises trahissent le même dessein de faire de l’Est un comptoir où tout le monde pourrait se servir. Un retour aux fondamentaux de Berlin (1885).

Difficile donc d’évoquer la scissiparité  somalienne, sans penser à l’hypothèque de partition suspendue sur la RDC.  Un véritable cas de conscience pour le Président rd congolais qui ne peut se pencher sur le cas somalien, sans  avoir en bulle le drame que vit son propre pays.

S’il est un vaccin prioritaire pour les Congolais, c’est bien celui contre le spectre de la balkanisation. Contrairement à l’AstraZeneca qu’on inocule aux volontaires kinois depuis hier, le vaccin contre la partition du pays  ne peut être que l’œuvre des Congolais eux-mêmes.

José NAWEJ

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