Madelein Mkunu : « L’homme et la femme ne sont pas en compétition de leadership »

Experte internationale en management, Mme Madelein Mkunu va animer, du 10 au 12 mai prochain, une série de formations en ligne, destinées essentiellement aux femmes entrepreneures, disséminées à travers le monde. Placés sous le patronage de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, ces webinaires vont bénéficier du concours de la Nouvelle Chambre de Commerce Nationale (NCCN) de la République démocratique du Congo. Au parfum,  »Forum des As » l’a abordée pour éclairer la lanterne de ses lecteurs. 

Mme Madelein Mkunu, existe-t-il un leadership féminin qui se distingue du leadership masculin ?

A vrai dire, il existe plusieurs définitions de leadership. Elles varient selon les contextes. Personnellement, j’ai de la préférence pour la définition selon laquelle ‘‘le leadership, c’est être capable de voir ce que les autres ne voient pas, afin de les aider à voir ce que vous voyez ». C’est ce qu’on appelle  »un Leader visionnaire ». Homme et femme ont cette habilité à diriger avec vision. Il sied toutefois de souligner que l’homme et la femme ne sont pas en compétition de leadership. Toutefois, le caractère maternel de la femme  (instincts) influence ses habilités de leadership par rapport au leadership masculin. Plus ancrée dans les détails, la femme a l’avantage d’être patiente, honnête, et généralement moins corruptible.

Quels sont les facteurs qui empêchent, aujourd’hui, les femmes de développer leur leadership ?

La plupart des pays africains et du monde ont décidé de promouvoir un climat favorable à l’éclosion de la femme. Toutefois, l’environnement dans lequel la femme évolue en Afrique ne lui permet pas de prendre pleinement sa place et de progresser. Concrètement, la femme rencontre nombre de contraintes sur son parcours. Il s’agit notamment de l’absence des reformes crédibles pour sa réelle émancipation de la femme. La femme se heurte aussi à l »absence du mécanisme de suivi et d’évaluation de ces réformes. Aussi, se voit-elle privée de formations taillées en fonction de l’environnement de son développement.

Comment procédez-vous pour aider les femmes à détecter leurs potentialités et à valoriser leurs compétences en vue d’asseoir leur leadership ?

Au travers du climat favorable offert aux femmes, il incombe à chacune de profiter de nouvelles opportunités pour faire progresser son entreprise, voire sa carrière. A vrai dire, chaque être humain a une mission à remplir sur terre. Outre sa capacité d’être porteuse d’enfants, la femme, elle, est stimulée à découvrir ce qu’elle a été appelée à accomplir sur terre pour laisser un  »legacy »aux générations futures. C’est ainsi que va naître en elle les besoins de mettre à jour ses potentialités et compétences en vue de faire triompher son leadership dans son environnement…

Constatez-vous des difficultés récurrentes dans les parcours des femmes que vous rencontrez ?

Certainement. Les femmes africaines font quotidiennement face aux blocages et contraintes qui se situent à plusieurs niveaux. Au niveau de la politique et de direction, bien que le monde prêche l’émancipation des femmes. La réalité sur le terrain prouve que les femmes expérimentent beaucoup de limitations pour accéder aux postes stratégiques. Sur le plan économique, la femme émergente est confrontée aux difficultés d’accéder aux ressources financières. Ces fonds les aideraient à s’émanciper économiquement, afin de peser sur l’échiquier régional pour l’avancement de la société. Et enfin, sur le plan social, la femme est à la merci des abus : viols, harcèlements, écart salarial… Suite à ces paramètres, la femme continue d’avoir des difficultés récurrentes dans son parcours…

Estimez-vous qu’en permettant aux femmes d’asseoir leur leadership, la RDC promeut  leurs actions politique et commerciale ?

Toutes les deux ! Pour une Afrique meilleure et une RDC émergente, il importe de créer un espace qui permettra à la femme congolaise d’exceller dans le leadership politique. Cette option permettra de préparer une génération des filles patriotes, transparentes, honnêtes, responsables, passionnées de la bonne gouvernance et de la gestion de leurs pays. En général, les femmes doivent exprimer leur leadership commercial pour contribuer à la croissance économique de leurs pays. Je suis, pour le moment, en mission. Je suis en train de créer une nouvelle génération des activistes économiques africaines, dans laquelle les Congolaises ont une place de choix. Ce, par ma visite en RDC, en partenariat avec la Nouvelle chambre de commerce nationale. Je vais m’atteler à la formation professionnelle de la femme congolaise. Et ce, à tous les niveaux. J’invite donc les femmes œuvrant dans les secteurs publics et privés, les entrepreneures et cadres de la société civile de me rejoindre pour une formation de standard international, dans le contexte du leadership panafricain. C’est une porte ouverte à une promotion de carrière dans l’aspect global.

Interview réalisée par Yves KALIKAT

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