L’Etat congolais reprend enfin, sa marche

* Avec la réunion du Conseil des ministres de ce vendredi, Fatshi prend contact direct avec les « warriors » de Sama Lukonde.

Le Président Félix Tshisekedi préside ce vendredi 30 avril à la Cité de l’Union africaine, la toute première réunion du Conseil des ministres du Gouvernement Sama Lukonde. Cette rencontre qui ne se fera pas en mode visioconférence, permettra  au Chef de l’Etat congolais d’entrer en contact physique direct, avec les 56 membres du tout premier Exécutif de l’Union sacrée de la nation, qui a reçu l’onction suprême de l’Assemblée nationale le lundi 26 avril.

Mais au-delà du rituel, la réunion du Conseil des ministres de ce matin sera également l’occasion, pour Félix-Antoine Tshisekedi, de dire clairement aux «Warriors» (Ndlr : nom donné aux membres du Gouvernement du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde), ce qu’il attend d’eux. Dit autrement, l’Autorité morale de la nouvelle majorité parlementaire post-coalition FCC-CACH, donnera une sorte de ligne de conduite à sa famille politique « recomposée« . Ce, dans une dynamique en lien avec les missions assignées à la nouvelle équipe gouvernementale, dont les grandes lignes ont été dévoilées dans le Programme d’action du nouveau Premier ministre, approuvé le lundi dernier par l’Assemblée nationale.

L’ETAT REPREND VIE

Si la réunion du Conseil des ministres de ce vendredi 30 avril, est la toute première de l’ère Union sacrée de la nation, elle aura été chronologiquement, la 54ème du quinquennat en cours de Félix Tshisekedi. initialement prévu le vendredi 23 octobre 2020, ce Conseil des ministres avait été suspendu et reporté sine die, à la suite du coup de colère du Président Félix Tshisekedi, consécutif au boycott massif, par les cadres du FCC, de la cérémonie de prestation de serment de trois nouveaux juges de la Cour constitutionnelle, organisée le mercredi 21 octobre dans la salle des Congrès du Palais du peuple.

Loin de nous, l’intention de remuer le couteau dans la plaie (déjà cicatrisée ?). Seulement, l’histoire retiendra que ce jour-là, le chef de l’Etat qui attendait recevoir le serment des trois juges de la Haute Cour, s’était retrouvé seul au podium de la salle des Congrès du Palais du peuple. Comme pour dire, la manif s’était déroulée en l’absence très remarquée des speakers des deux chambres du Parlement, du Premier ministre d’alors, des députés nationaux, des sénateurs et des membres du Gouvernement issus du FCC, famille politique du Président de la République honoraire Joseph Kabila.

On rappelle que tous avaient donc refusé de participer à cette solennité, au motif que l’Ordonnance présidentielle du 17 juillet 2020, portant nomination des trois juges, était illégale. Depuis, l’édifice de la coalition FCC-CACH présentait des fissures béantes qui présageaient son écroulement imminent. Ce, après seulement une année et neuf mois de l’accord de cogestion du pays, signé en mars 2019 entre le camp Kabila et le défunt CACH, plateforme électorale créée à Nairobi en 2018, pour porter la candidature de Félix Tshisekedi, à la présidentielle du 30 décembre de la même année.

Vu des analystes, la réunion du Conseil des ministres de ce vendredi 30 avril est perçue comme un «redémarrage» de l’Etat congolais, resté pendant plusieurs mois à l’arrêt. Car, dans un climat presqu’incommodant, où le Président de la République très en froid avec son Premier ministre, les conséquences ne pouvaient qu’être évidentes sur la vie de la nation. Dès lors que les membres du Gouvernement  ne se réunissaient plus depuis la dernière semaine du mois d’octobre dernier, il a été difficile, sinon impossible, de débattre des questions essentielles liées à la vie du pays.

Grevisse KABREL

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